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Il y a des fois comme ça... [PV Alphaë]
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Auteur:  Pitru [ Mar 8 Déc 2009 19:13 ]
Sujet du message:  Il y a des fois comme ça... [PV Alphaë]

La journée battait son plein à Ignus, fier bastion Orc, et dans les rues s'activait bien du monde. La foule était hétéroclite bien qu'à forte dominante orque, si bien que l'on croisait de tout dans la ville, sauf peut-être les ondins, sans doute peu à l'aise dans un environnement aussi hostile pour des êtres aquatiques. Car oui, l'air était loin d'être humide. Et même plus : il était tellement sec que la Sécheresse elle-même ne pouvait qu'en être jalouse. Mais par dessus tout, ce qui faisait d'Ignus un lieu si infréquentable et inhumainement tolérable, c'était sa chaleur. Un soleil de plomb à vous assommer un Minotaurus et un vent brûlant comme s'il sortait d'un fourneau de forgeron, et encore quand il daignait bien souffler, combinés à une température digne du coeur d'un volcan... C'était bien, bien plus qu'il n'en fallait à Mat' pour éviter un lieu pareil.
Et pourtant il avait fait le déplacement. Ma foi, un contrat pareil, même en Taku, ça ne se refuse pas... d'autant plus qu'il commençait à s'ennuyer à Makana. Et à se faire des ennemis, aussi... "À force de plumer le gueux au jeu, le gueux vous en veut", lui répétait son père. Et il avait bien raison. Le jeune homme avait donc décidé de joindre l'utile à l'utile - oui, agréable et Taku sont antinomiques - et avait pris un contrat juteux en Taku, histoire de s'amuser un peu et de se faire oublier du monde de la Grande Cité. Quelques semaines, tout au plus.
Fuyant la chaleur si insupportable dès son arrivée, Mat' s'était donc rué das la première taverne qui n'avait pas une porte de trois mètres de haut, bien qu'il y en ait peu. Une taverne ou un orc n'entrerait pas sans avoir une porte à rembourser... Ce n'était pas que Mat' avait grand chose contre eux, sa lance et ses couteaux mis à part. Seulement c'était contre l'un d'entre eux que le jeune homme avait récolté la magnifique cicatrice qui l'obligeait à porter une écharpe malgré la chaleur. Ce jour là, il avait sans doute fait preuve de plus de chance que tous les autres jours réunis. C'était au cours de son service militaire, que Mat' avait eu la chance d'effectuer en Taku. Lui et le groupe de cavaliers dans laquelle il servait étaient tombés dans une embuscade gobeline à la tombée du jour, et avaient été forcés de prendre la fuite après les premiers combats tant l'ennemi était nombreux. La nuit était tombée entre temps, et ils s'étaient réfugiés au milieu de l'un de ces groupes de grands rochers que l'on trouve ça et là dans le désert. Pied à terre mais certains d'être hors de danger, ils s'apprêtaient à aire du feu quand un groupe d'orcs leur est tombé dessus, les prenant sans doute pour un quelconque groupe d'hostiles. Les premiers coups avaient déjà été échangés lorsque les uns et les autres se rendirent compte que l'ennemi n'était en fait pas l'ennemi, et entre temps Mat' avait eu la chance d'esquiver de juste justesse une hache qui lui aurait tranché la tête, s'il n'avait pas eu le réflexe de reculer tout juste assez pour que la lame se contente de ne laisser qu''une cicatrice légèrement boursoufflée à cause de la chaleur et de la sueur en résultant des jours qui suivirent.

- Stupides orcs, murmura le jeune homme pour lui même avant de boire une gorgée d'ale dans la chope qu'une bien jolie serveuse venait de lui apporter.

La salle était relativement pleine malgré que le soleil ait encore à peine atteint son zénith. Des serveuses plus mignonnes les unes que les autres circulaient entre les tables, ou l'on pouvait voir des gens discuter, se disputer, crier et même jouer. Cette dernière table était apparemment la seule ou l'on pariait de l'argent sur le résultat des dés. De ce que voyait le mercenaire, c'était une partie à cinq dés, sans doute une partie de Yams ou de poker menteur. Intéressant. Il irait sans doute y faire un tour lorsqu'il y aurait de la place.
Il avait le temps, de toutes façons. Il devait attendre la nuit pour mener son contrat à bien, et il manquait encore bien des heures jusqu'à-ce que le Soleil décide enfin de se coucher. Il prit une autre gorgée d'ale, sourit à une serveuse qui le regardait - numéro quarante-six, le sourire : sûr et agréable. La jeune femme lui sourit en retour et rougit légèrement. Bingo.
Alors que son regard revenait à la table des joueurs, il eut le plaisir de voir que l'un d'entre eux se levait, apparemment mécontent, et jetait une pièce avant de quitter la taverne. Excellent. Mat' ramassa son chapeau sur la table, saisit Ellisande qu'il avait emmené avec lui et ramassa sa chope avant de se lever et d'aller rejoindre la dite table.

- Messieurs, bien le bonjour. Puis-je? , demanda-t-il en désignant la chaise à présent vide.
- Mais absolument, lui répondit le plus vieux d'entre eux, un grand sourire aux lèvres. Je vous en prie.

Encore un qui est certain de me plumer aux dés, se dit le jeune homme. Bah mon pote, ce sera pas aujourd'hui!

- Bien, fit Mat' une fois installé. A quel jeu vais-je perdre mes hyriths?
- Au Yams, fiston.

Le Yams, comme il l'avait deviné. Parfait.

- Messieurs, faites donc vos mises.

Le principe était simple : chacun pariait son argent, quelle que soit la somme, et celui qui avait la plus puissante combinaison remportait sa mise et la partie qu'il désirait de la mise des autres. Le respect commun entre joueurs voulait que le vainqueur prélevait un partie plus ou moins grande selon la proximité du score de ses adversaires. Ainsi, un adversaire proche du score gagnant ne voyait que la moitié de sa mise s'envoler, alors que le plus faible se voyait dépossédé de la totalité de sa mise. Bien sûr ce n'était qu'une convention, prendre tout l'argent de la table n'était pas interdit. Seulement très mal vu.

- Parfait, fit le mercenaire. À qui de commencer?
- A vous l'honneur, lui fit l'homme.

Mat' se saisit donc du gobelet que lui tendait le vieil homme chauve et moustachu, le secoua deux ou trois ois et enfin lança les dés sur le tapis. Un carré de cinq et un six, vingt-six points. Mat' récupéra trois cinq, secoua à nouveau le cornet et jeta les trois dés qu'il lui restait : deux quatre, un trois. Petite suite - trois, quatre, cinq et six - , soit trente points. Pour un premier jet c'était plutôt pas mal. Faire mieux serait difficile...

Auteur:  Nathaniel [ Mer 9 Déc 2009 08:48 ]
Sujet du message:  Re: Il y a des fois come ça... [PV Alphaë]

Alphaë se détendit.
À la réflexion, la situation n’était peut-être pas si dramatique.
Tout avait commencé il y a environ deux jours alors qu’il se promenait, comme à son habitude, à travers forêts et bois sous la chaleur tiède d’un crépuscule naissant. Humant avec tous ses sens les senteurs boisées, il ne prêtait pas vraiment attention au monde qui l’entourait. D’accord, il fallait bien le reconnaître, il avait été assez naïf pour le coup.

Il venait de pénétrer dans une clairière, les yeux toujours fermés, lorsque le guet-apens se referma sur lui. Force est de reconnaître que les malfrats, quel qu’ils soient, avaient bien calculé leur larcin. Ça avait commencé par une chute, due à une corde tendue à ses pieds, et qu’Alphaë n’avait pas pu sentir. Pour la détecter même les yeux fermés, il aurait du toucher l’arbre auquel était accrochée la corde. Dommage, pour lui.
Ensuite, on le recouvrit de roches volcaniques. Pour la plupart des humains, cette action ne générait qu’un sentiment de fureur sans doute à cause de la saleté que produisent de telles roches. Pas chez un ondin. Une roche volcanique est une roche absente de tout minéral. Dès lors qu’un ondin en est recouvert, il perd aussitôt toutes ses forces. On n’est toujours pas parvenu à expliquer un tel phénomène mais pour la plupart, la théorie n’est pas primordiale. C’qui compte, c’est que ça marche ! Et c’est ainsi que, après avoir été chargé dans un sac comme un vulgaire morceau de viande, et lancé dans une carriole, qu’il partit pour un long voyage, dont l’issue semblait être la vente. Un ondin est une créature rare… Et pour certains collectionneurs véreux, ils ne peuvent pas être considérés comme des humains à part entière. Dès lors, reconnaissons-le, pour peu qu’on ait un semblant de scrupule : avoir un ondin empaillé dans sa bibliothèque… Quoi de plus ostentatoire et provocant ! De quoi faire fureur dans les soirées mondaines !

Durant tout le trajet, pendant les quelques instants où il revenait enfin à lui, Alphaë c’était interrogé sur l’endroit où il allait finir. Nous n’exagérons rien en précisant qu’il ne s’attendait pas du tout à ce qu’il vit lorsqu’on le jeta enfin hors du sac ; la première d’une longue série d’erreur…
A voir leur taille petite, leurs oreilles hypertrophiés et leurs nez évoquant le bec d’un énorme rapace, Alphaë retint à grande peine un sourire triomphant : des gobelins ! Deuxième erreur.
Mais la troisième fut sans conteste la plus importante. Il avait été jeté dans le sable. Peu de créatures le savent, mais le sable, contrairement aux roches volcaniques, renferment de l’eau au plus profond de ses grains. Sans doute ces gobelins avaient-ils crus qu’il serait parfaitement inoffensif dans le sable. Dommage. Mais Alphaë n’était pas au meilleur de sa forme.
Il ne s’était toujours pas relevé de la chute hors du sac. Un des gobelins l’attrapa par les cheveux et le posa assit sur un rocher. Il ne lui suffirait que d’un verre d’eau pour aller mieux. En piste pour un jeu psychologique… Alphaë se mit à tousser avec bruit. L’un des gobelins se tournant vers lui, il montra sa gorge de la main et imita l’action de boire un verre. Et directement après, il s’écroula à terre.
S’il y avait bien une chose qui comptait pour les gobelins, c’était sans doute pour l’heure, que l’ondin ne clamse pas lamentablement en plein désert. Un ondin mort est un ondin sans profit à la clé. Deux gobelins le mirent sur le dos, pendant qu’un troisième versait une larme du liquide –Oh combien précieux en plein désert- dans un verre. Il s’approcha maladroitement de l’ondin et lui releva délicatement la tête en le prenant par le cou –comme sa maman avait fait à son chevet en des temps très très reculés- et porta lentement le verre au bord des lèvres d’Alphaë. La scène aurait pu être presque émouvante si seulement au moment même où Alphaë finissait son verre, une lame d’eau n’avait pas transpercé le gobelin, du bas de son entrejambe jusqu’au haut de son crâne. Quelques gargouillis plus tard, il s’affalait mollement sur le sable chaud du désert brûlant.
Un jour Alphaë remercierait les rochers de toujours être présents dans les moments où il en avait besoin. Les deux mains posées à plat sur le rocher situé à quelques mètres du gobelin mort –et qui avait été le lieu de début d’une belle interprétation tragique du manque d’eau de surcroît-, il remplissait rapidement ses jauges de pouvoir. Parfaitement, rechargé si l’on peut dire, il se tourna lentement vers les deux gobelins restants, une lueur bleue assassine dans le regard. Il chargea un filet d’eau à ses pieds qui le propulsa soudain, non sans une vrille aérienne, derrière le gobelin le plus éloigné de lui. Puisant loin en dessous du niveau du sable, il en sortit un long filet d’eau qu’il dirigea d’une main tendue entre les omoplates du gobelin.

L’eau déchira le muscle qui n’opposa aucune résistance. Les deux gobelins s’étant placés l’un à la suite de l’autre, le second gobelin connut exactement le même sort que son comparse. D’un pas léger, Alphaë se dirigea tranquillement en direction du chariot. Fouillant parmi les couvertures et autres ustensiles essentiels à tout bon bivouac qui se respecte, il trouva enfin sa ceinture en bandoulière et, par la même, ses masques et son sac. Il rajouta au tout une gourde d’eau ou deux –on ne sait jamais- et sauta souplement à terre. Il était temps de trouver une ville…
Il s’agenouilla gracieusement dans le sable, le vent claquant doucement les pans de son vêtement, et mit une main à plat dans le sable. Se concentrant intensément, il déversa son pouvoir à travers les grains chauds, atteignant finalement l’eau. Il répandit ensuite son pouvoir à travers les méandres souterrains infinis. Un filament de ceux-ci lui apprit qu’il y avait une ville dans le Nord-Est d’ici à environ une centaine de kilomètres. Deux jours pour un humain… Un seul pour un ondin…

Il parvint aux faubourgs de la ville en fin de matinée et se mit en quête d’une taverne. Apparemment, au vu de la populace qui l’entourait, il était assez mal tombé ; de l’orc, de l’orc, de l’orc et encore de l’orc. Et évidement, en des terres si hostiles et si chaudes : pas un seul ondin. En parlant de chaleur, celle-ci commençait à l’assécher peu à peu…!
Alphaë repéra une taverne interdite aux orcs – ou pour humains uniquement, au choix- et s’y engouffra. Il régnait dans cette taverne une ambiance beaucoup moins lourde qu’au dehors. Il s’approcha silencieusement du bar et commanda un bon verre de jus de fruit, bien pressé, avec des fruits frais du matin –Oui, il précisa tout ça-. Le tavernier prit d’abord sa demande pour une blague et, le B.A.ba de l’hypocrisie à la clientèle obligeant, il éclata d’un grand rire. Erreur tactique car ce n’était pas la réaction escomptée par le client à voir son air courroucé. Le tavernier se mit donc en quête de cette demande pour le moins original.

Le vieux l’avait remarqué à peine entré dans la taverne et lui avait aussitôt collé l’étiquette du parfait clampin sur le visage. Ses soupçons s’étaient vus confirmés au vu de la nature de la demande de sa commande. Malheureusement, le spectacle avait du prendre fin inopinément car la pauvre bête de scène n’avait pas assez pour payer son jus. Alors que ce-dernier quittait le comptoir d’un air maussade, le vieux lui avait fait signe pour qu’il vienne s’asseoir à sa table.
Tirant une chaise, Alphaë s’assit à la gauche de l’inconnu qui lui offrit humblement les quelques hyriths qui lui manquaient pour s’acheter son jus. Le vieux héla le tavernier d’une main, désignant le mystérieux clampin d’une main, et son argent après. Le tavernier hocha la tête et vint leur amener le jus de fruits dans une grande bouteille dont le verre était si opaque de poussière et de toiles d’araignées qu’on n’en discernait même pas le contenu. Prudent, Alphaë s’en versa une lichette dans un verre. De la bouteille sortit un liquide à la fois jaune sale, mauve délavé, vert fade et rouge foncé. De quoi dépoter une goule !
Tremblant presque, Alphaë porta dangereusement le liquide à sa bouche, sous l’œil mis curieux, mis amusé du vieil inconnu. Contre toute attente, le liquide était absolument immonde. Je ne vous décrirai pas ici toutes les images qui lui vinrent en tête lorsque le jus coula finalement dans son gosier, vous ne le supporteriez pas. Mais toujours est-il qu’Alphaë s’en resservit quand même un verre… La soif nous fait parfois faire des choses démesurément inconscientes ! Nul doute qu’il ne lui resterait plus que quelques heures à vivre une fois cette bouteille vidée !

À voir la grimace de dégout que son hôte de table tira, le vieux en vint rapidement à une conclusion capitale : se jurer que jamais, non jamais il ne commanderait un bon verre de jus de fruit, bien pressé, avec des fruits frais du matin dans une gargote des plus éloignées pour faire naître une envie de bio !

- Dis moi petit, tu sais jouer aux Yam’s ?

C’était la première fois qu’il parlait. Alphaë détecta rapidement les sons rêches d’une vieillesse avancée mais qui laissait poindre juste ce qu’il faut de ton à la sagesse des années passées. En revanche, il n’avait aucune idée de ce qu’était le Yam’s.

- Eeeeeeuuuuuuh… répondit-il. Non. Force est de reconnaître que je n’ai aucune idée mon bon monsieur de ce qu’est le Yam’s.

Le vieux lui expliqua rapidement les règles, et lui proposa de jouer une partie avec le premier gars qui oserait s’asseoir à leur table. Quelques dix minutes plus tard, une personne s’avança vers leur table et s’assit avec eux. Le nouvel arrivant commença les mises, suivi d’Alphaë qui paria les quelques pièces qui lui restaient, sous l’œil déçu du futur plumé. Mais quand vint le tour du vieux, toute déception disparut de son visage. Il posa sur la table ce qui semblait-être des statuettes en or qui valaient, sans hésitation une grosse fortune. Même Alphaë en fut surprit.
Animé d’une ferveur nouvelle –sans hésitation l’appât du gain- le nouveau venu secoua les dés dans son gobelet. Finalement tout le monde révéla son résultat. Alphaë gagnait avec trois trois, suivit par le vieux avec deux deux et enfin le grand perdant. Alphaë rafla tout l’argent parié par le quidam, et accepta deux statuettes parmi les quatre que le vieil homme avait pariées. Et les paris continuèrent. À la fin, il ne resta plus rien au détroussé nouveau. Alphaë jouissait d’une large quantité de statuettes tandis que le vieux s’était contenté de rafler tous les hyriths –et il y’en avait une sacré somme- que le quidam avaient pariés tout au long de la partie. Furieux, il quitta rapidement la table et fut remplacé par un nouveau venu à la stature imposante.

- Messieurs, bien le bonjour. Puis-je?
- Mais absolument, lui répondit le vieux, un grand sourire aux lèvres. Je vous en prie.

Le vieux et lui échangèrent rapidement les politesses et les commentaires de fausse modestie d’usage pour enfin commencer la partie. Alphaë se contenta d’une statuette et le vieil homme recopia la somme d’argent exacte du nouveau venu, histoire de faire monter la provocation.

- Parfait, fit-il. À qui de commencer?
- A vous l'honneur, lui répondit-il.

La partie se mit en branle. Le nouveau venu maniait les dés comme un expert. Le vieux lança ses cinq dés puis vint le tour d’Alphaë qui retint à grande peine un cri de surprise. Yam’s !
D’accord, niveau discrétion on fait mieux mais bon, on ne peut pas prévoir à l’avance comment on réagira.
Alphaë remit rapidement la statue dans son sac et se servit d’un quart dans la mise de chacun. Tout commençait à aller pour le mieux.

C’est alors que la porte de la taverne s’ouvrit avec fracas et tomba à terre dans un bruit sourd assourdissant et que quatre orcs au moins d’après c’que Alphaë pouvait en voir pénétrèrent dans la taverne. Ils pointèrent leurs doigts dans la direction de la table du vieux hurlant d’une grosse voix gutturale :

- Ce sont eux ! Saisissez-vous d’eux !

Il est très dur de décrire le chaos qui en résulta. Tout commença par la serveuse qui hurla et jeta son plateau rempli de choppes vides sur une bande pochtrons attablés au comptoir. Aveuglés par l’ivresse mais néanmoins synchronisés ils se retournèrent maladroitement de leur chaises hautes et atterrirent tous ensemble sur une table proche, couverts de débris. Une choppe vola jusqu’au lustre, faisant ainsi chuter une bougie qui enflamma la chemise d’un bel âtre situé au dessous. Et c’est déjà bien.

Alphaë comprit qu’il était temps de s’en aller le plus discrètement possible, remarquant à peine la torche humaine passée à quelques mètres d’eux, hurlant et déchirant ses vêtements. Il finit finalement sa course sur un des orcs. L’un d’entre eux était parvenu à se glisser jusqu'à leur table. Attrapant la bouteille de jus abjecte qu’Alphaë avait refermée, il s’en empara comme d’une massue et visa la tête du vieux. Il était temps d’être redevable à son hôte. Alphaë focalisa toute son attention sur le contenu de la bouteille qui commença à chauffer au point de faire exploser la bouteille dont les débris, et le liquide brûlant se répandirent sur la tête de l’orc, qui hurla, de dégout ou de douleur, au choix.
Mais toujours est-il que cette petite diversion eut l’effet escompté. L’orc avait désormais toute son attention focalisée sur Alphaë, ce qui laissa au vieux l’occasion de s’enfuir. L’orc dirigea un point gros comme un rocher vers Alphaë qui l’esquiva en se baissant. Prenant appui sur la table la plus proche, il bondit vers la tête nauséabonde de l’orc et lui trancha le cou, d’un coup de lame de son masque. La masse de muscles s’affaissa lentement –brisant une enième table au passage-

Alphaë atteignit finalement la porte derrière le comptoir et se retrouva dehors, sous la chaleur torride d’un soleil à son zénith.

Et maintenant par où aller ? Inutile de songer à revenir dans la taverne.

Auteur:  Pitru [ Jeu 7 Jan 2010 19:06 ]
Sujet du message:  Re: Il y a des fois comme ça... [PV Alphaë]

Yam's.

Quand Mat avait parlé de perdre ses Hyriths, il ne pensait pas réellement que quelqu'un aurait plus de chance que lui et ferait un meilleur score, et donc récolterait l'argent sur la table à sa place.

Et pourtant si.

Le jeune homme aux cheveux blonds ramassa son butin, se servant modérément dans les mises de chacun. Mat lui sourit alors que leurs yeux se croisèrent, malgré sa stupeur d'avoir été battu. Il faut dire que ce genre de choses arrivai bien rarement, et en général c'était contre des joueurs chevronnés, qui connaissaient mieux les mécaniques du jeu que leurs propres poches. Pourtant le blondinet n'avait pas l'air de jouer souvent : il secouait le cornet à dés longtemps, marque du néophyte s'il en est, et hésitait un peu trop longtemps sur les dés à relancer. La chance du débutant, sans doute.

Refaisant sa mise, Mat' s'empara du cornet à dés que le jeune homme avait posé sur la table.

- Eh bien, deux...

Il fut interrompu par le fracas retentissant de la porte qui s'effondrait et par l'irruption de quatre orcs dans la salle, malgré que l'entrée ne soit pas u tout prévue pour leur gabarit.

- Ce sont eux ! Saisissez-vous d’eux ! fit le plus massif d'entre eux en pointant leur table du doigt.

Et ce fut le chaos le plus total.

Mat se leva d'un bond en ramassant Ellisande alors que le premier orc arrivait à sa portée, et écarta l'individu d'un coup de bout de hampe en pleine tête. Avec un coup pareil il faudrait à la montagne de muscles plusieurs secondes pour reprendre ses esprits, et c'était bien assez de temps pour que Mat' quitte l'endroit pour se mettre en lieu sûr. Quelque part, quelque chose ou quelqu'un prit feu, mais le jeune homme n'y prêta aucune attention. Il lui fallait trouer une sortie.

La fenêtre la plus proche état ouverte. Parfait, se dit-il alors qu'il s'y précipitait. Il ne fit pas trois mètres avant que sa route ne soit barrée par un deuxième orc. Avec détermination, Mat' décida que s'il avait été gentil en ne faisant que sonner le premier, celui-ci mourrait si c'était nécessaire.

Le combat qui s'engaea alors entre eux ne dura pas longtemps. D'un même mouvement jeune homme esquiva le poing que l'autre lui lança avec violence et se décala sur sa droite, créant ainsi une ouverture. La lame d'Ellisande plongea dans la chair, entre deux côtes, avant de se retirer pour que Mat' puisse écarter un deuxième coup avec l'autre bout de la hampe, tournant ainsi le dos à son adversaire. Il pivota ensuite sur ses talons et le bout de la lame de sa lance - guère plus que deux ou trois centimètres - alla trancher la gorge du grand orc qui s'écroula sur le côté, laissant ainsi le chemin vers la fenêtre dégagé. Le mercenaire e se fit pas prier deux fois avant de quitter l'auberge et de se retrouver dans une ruelle latérale.

Bien... il y a des chances que l'avant de l'auberge soit gardé par encore d'autres orcs. Et ils voulaient ceux qui étaient à notre table, et à priori vivants, donc ce n'était pas une extermination des occupants de la salle... du coup pas de raison qu'ils envoient du monde dans les ruelles latérales et arrières pour choper les fuyards...

Mat' se dirigea donc rapidement vers la ruelle arrière. Au vacarme étouffé qui sortait de l'auberge, il semblait que cela avait dégénéré. La plupart des clients étaient bien éméchés malgré l'heure et il suffisait de les provoquer un tout petit peu pour les pousser à la castagne. Et l'entrée fracassante d'une bande d'orcs dans une taverne à priori réservée à une clientèle humaine ou tout du moins non-orc était plus qu'une toute petite provocation. C'allait être un véritable carnage...

Non mécontent d'être sorti avant que la baston générale en vienne à la tuerie, Mat' contourna donc l'auberge, prit à gauche... et se retrouva nez à nez avec le blondinet qui avait gagné au Yam's. Ils restèrent un court instant à se regarder, apparemment aussi surpris l'un que l'autre, avant que l'un d'eux ne se ressaisisse. Et ce fut Mat'.

- 'Faut pas rester ici, fit-il. On a encore un moment avant qu'ils ne se rendent compte qu'il manque deux de leurs cibles dans la salle et que l'une d'elles à probablement tué l'un d'entre eux, mais plus vite on sera loin d'ici, mieux ce sera.

Il se mit en route avant d'avoir fini de parler, arpentant les ruelles, cherchant une voie rapide de quitter le quartier et, plus tard, la ville. Il se tourna vers le jeune homme qui l'accompagnait avant de s'engager dans une rue fréquentée et prit à nouveau la parole.

- Bien. On a de meilleures chances en restant groupés. Il faut quitter la ville le plus vite possible mais sans paraître particulièrement pressés. Il n'y a pas de départs de navires des nuages à cette heure-ci, donc il faudra quitter la ville par la terre et revenir plus tard ou chercher un autre port dans la région. Et comme nous, ou plutôt je, serai probablement recherché mort ou vif dans cette ville d'ici ce soir ou demain, je propose la deuxième solution. On est d'accord?

De toute façons ils n'avaient pas le choix, aussi Mat' attendit-il un assentiment quelconque de la part de ce qui serait désormais son compagnon d'infortune avant de jeta rapidement un coup d'oeil à ses habits à la recherche de taches de sang qui ne s'y trouvaient heureusement pas et d'essuyer le sang sur la lame d'Ellisande avec un mouchoir sorti de sa poche, qu'il jeta une fois le morceau de tissu souillé.

- En route, fit-il alors qu'il s'engageait d'un pas rapide mais décontracté dans la rue.

Auteur:  Nathaniel [ Mar 19 Jan 2010 15:17 ]
Sujet du message:  Re: Il y a des fois comme ça... [PV Alphaë]

-Je refuse de voler des chevaux ! Je préfère plutôt les payer ou au moins les mériter…

Alphaë s’était adressé au géant avec un ton légèrement plus froid qu’à l’accoutumée puis était partit en direction des écuries. Ce n'était pas une offense, c'était une précision rien de plus. Certes il irait chercher des chevaux mais non, il ne les volerait pas.
Il n’aimait pas trop qu’on le prenne de haut. Il était certes, saltimbanque, voir même touriste actuellement. Il est vrai que son métier si l’on puis dire n’évoquait pas une prestance démesurée qu’on pouvait bâtir autour de soit pour se frayer une autorité mais il n’empêche qu’il n’aimait pas qu’on le méprise… Et côté « être pris de haut », avec ce type-là, il était servi ! Il était mauvais perdant voilà tout ! Il n’avait pas supporté qu’Alphaë le batte aux Yam’s alors qu’il n’était que débutant, adversaire évincé d’une pichenette pour atterrir dans la corbeille des proies faciles. A priori aucun intérêt si on se détournait de l’objectif phare du jeux à savoir : s’en mettre pleins les besaces !

C’était la première fois qu’il contestait les « ordres » de son « supérieur ». On pataugeait décidément dans les symbolismes dans cette aventure !
Mais il émanait de cet homme, et il est vrai que sa stature et son air jovial débonnaire devait forcément influer là-dessus, une autorité à peine masquée derrière des mèches folles. Il s’exprimait avec discernement et on n’avait aucun mal à agréer ses propos. Et jusqu’à maintenant, hormis la façon dont il lui parlait, Alphaë n’avait rien trouvé à redire à lui ou à son plan : un plan pragmatique, ni outrancier ni basé sur la chance, ni ostentatoire. Bref, une stratégie mêlant discrétion et efficacité. Discrétion, efficacité…
Alphaë soupçonna soudain son compagnon de fuite comme il avait décidé de le surnommer d’être membre de la Confrérie… Pire, pourquoi pas d’une guilde encore plus obscure tendant vers l’occultisme ? Il fallait se méfier de cet homme. Tant qu’il ne connaîtrait pas ses antécédents, il ne fallait dormir que d’un œil…

Ils s’étaient présentés l’un l’autre plus tôt dans la journée, alors qu’ils se constituaient rapidement une réserve de vivres suffisante pour tenir plus que convenu si jamais il y avait négligence ou complication. Encore une fois, un exemple de la sagacité avec lequel le plan avait été préparé.
Seulement voilà, il n’était pas dans l’éthique d’Alphaë de dérober d’honnêtes gens… Même si c’était des orcs. Pas de citoyens ! Seulement des bras armés obéissant aux ordres ainsi libérés de toute forme d’humanité. Aucun scrupule, aucun remord.

Deux raisons seulement expliquaient leur soudain rang de fugitif.
La première était simple quoique un peu farfelue : jouer aux yam’s était un interdit en Taku !
D’accord, autant l’ignorer de suite.
La seconde était plus inquiétante : le pouvoir militaire forniquerait avec des trafics illégaux tels la chasse des êtres hybrides et des animaux menacés et très rares de surcroît, histoire d’amassé une part du butin. De très mauvais augure pour les semi ondins…
Il y avait aussi cette phrase de Matwin comme quoi s’était pour lui que les orcs avaient surgis dans la taverne… Ils étaient donc tous les deux recherchés, donc tous les deux compagnons de fuite.

Pour l’heure, Matwin l’avait chargé de prendre des chevaux, puis de l’attendre à la sortie Est de la ville. Seulement, Alphaë n’avait d’argent que pour un cheval. Et comme ils risquaient de se faire courser en chemin, lesté un seul cheval de deux poids était exclu. D’autant plus qu’une cible à viser était plus facile à atteindre que deux différentes.
Alphaë était en mauvaise posture… Il fallait trouver une solution.

Elle lui arriva, ironiquement sous forme d’un bruit de sabots qui se rapprochait de l’écurie située à côté de l’arbre dans lequel il s’était caché pour réfléchir. Alphaë aperçut soudain un cavalier à l’aspect plus que bourru, monté sur un redoutable sanglier des plaines au pelage d’un roux commun à la clameur du soleil en ces terres esseulées. Un cavalier descendit de la gigantesque monture et une voix lourde comme les roches qui grincent sur les cairns héla quelqu’un dans l’écurie.

- Holà Palefrenier ! Occupe-toi correctement de lui si tu ne veux pas recevoir ta pitance. Tu n’as droit à aucune erreur car il t’en coutera de ma lame et de ses défenses. Et n’oublie pas ! Je…

Mais il n’eut jamais l’occasion de préciser sa pensée. En même temps, est-ce que vous connaissez une seule personne qui parviendrait encore à s’exprimer correctement avec un masque, aussi aiguisé et meurtrier qu’une lame, planté en plein milieu du visage ?
Alphaë jaillit quelques secondes après l'impact par l’entrée, se précipitant à grandes enjambées vers le palefrenier.

-As-tu un cheval pour un ami ? J’ai de quoi te payer. Un ton sérieux, sans frivolités d'aucun sorte.

Depuis qu’Alphaë était entré dans l’écurie, le jeune garçon n’avait pas esquissé un mouvement, toujours tétanisé à la vue de la monstrueuse bête. Ecarté de lui d’une distance assez raisonnable pour éviter toute lacération inopportune, le jeune garçon regardait tour à tour Alphaë, les défenses de l’énorme sanglier des plaines et le visage de l’orc, ravagé par des flots de sang s’écoulant par temps d’arrêts. Comme un geyser mais vers le bas !
Alphaë prit le jeune homme par les épaules et le secoua pour le faire revenir à lui. Quand ce fut fait, il répéta son ordre mais de manière plus courte. Le jeune garçon acquiesça avec lenteur et partit en direction des box ravi d’éviter un pugilat inutile sur la taille limite des box avec le guerrier orc.

Le sanglier lui, fixait désormais Alphaë qui comprit rapidement que cette bête était loin d’être stupide. On lisait dans ses yeux, sous les reflets sauvages, une lucidité simpliste basé sur un schéma très simple qui ne tenait qu’en une seule conclusion : le petit-être aux cheveux sable venait de tuer la seule personne qui pouvait le nourrir. Autrement dit, une disette forcée s’annonçait et il en était responsable ! Il chargea en mugissant, visant sa poitrine.
Alphaë avait anticipé l’élan bestial qui émanerait de la bête une fois son geôlier tué. Il se ramassa sur lui-même et au dernier moment sauta en l’air, son ascension décuplée par la peur qui lui tailladait les côtes. Il atterrit souplement sur le dos de la bête et empoigna fermement les rênes.

En théorie, il allait parvenir à maîtriser la bête, à prendre un air noble juché sur l’énorme monture et récupérer son masque avant de partir. Saluer rapidement le jeune garçon et lui dire avec une voix grave et empreinte de sagesse « Prend soin de toi petit »… À la place, Alphaë hurla.

L’échoppe explosa en millier de gravats et de copeaux de bois juste derrière Matwin.
Surgissant à pleine vitesse d’une ruelle adjacente un réel mastodonte tout en muscle et en épaisseur, monté sur quatre sabots de taille démesurée et aux défenses proéminentes se dirigeait droit vers le bord de la ville, donc droit sur lui. Monté dessus, et bringuebalé dans tous les sens, son compagnon d’infortune qui lui hurla :

- Monte ! Je t’expliquerai !

Alphaë avait enfin cerné l’imperfection dans le plan parfait, fondé sur la discrétion et l’efficacité, de Matwin : l’imperfection, c’était lui.

Auteur:  Pitru [ Ven 18 Juin 2010 10:37 ]
Sujet du message:  Re: Il y a des fois comme ça... [PV Alphaë]

-Je refuse de voler des chevaux ! Je préfère plutôt les payer ou au moins les mériter…

S'éloignant à travers les passants, Mat' ignora le jeune homme. Qu'il les vole ou les obtienne de la manière qui lui convenait le plus ne changeait pas grand chose. L'important était qu'ils aient des chevaux pour quitter la ville.
Espérant que l'autre ferait accomplirait sa tâche, Mat' se concentra sur la sienne : trouver une carte de la région.

Il se dirigea donc d'un pas rapide vers le quartier commerçant. Ignus était construite à l'image des orcs : haute et massive. Toutes les portes faisaient au moins trois mètres de haut et les bâtiments étaient proportionnels à la taille de la porte, et Mat' se demanda si les architectes orcs avaient seulement idée du point au quel leur architecture était immonde. Il se demanda également si la ville avait une police. Parce que si ce n'était pas le cas, les quatre brutes qui avaient débarqué plus tôt dans l'auberge ne pouvaient qu'appartenir à une bande de malfrats. Ce qui signifiait, au vu du fait que Mawin n'avait jamais eu affaire à la pègre de la ville, que soit jouer au yam's était mal vu par la criminalité orque, ce dont il doutait fort, soit que les quatre montagnes de muscle n'étaient pas venues pour lui. Mais pourquoi, alors? Le fait qu'ils aient agi de la sorte, en faisant irruption de jour et de manière fort peu discrète dans une taverne montrait bien que l'affaire était urgente, bien que le mercenaire ait de sérieux doutes quand à la capacité des orcs à agir de façon discrète. Donc il y avait de l'argent en jeu. Et pas une petite somme. Sans doute de l'argent volé, qui plus est... Il devrait mettre cela au clair une fois sorti de la ville. Le type qui l'avait foutu dans un merdier pareil n'allait pas avoir que des orcs colériques sur le dos.

Il fit le tour du quartier, pénétrant dans chaque échoppe où il lui semblait probable qu'il y aie des cartes, mais ne trouva rien. Les orcs n'avaient-ils donc pas de cartographes? Désespéré, il se rabattit sur le marché qui se tenait sur une grande place ronde. Assemblement de plusieurs échoppes temporaires construites pour être rapidement démontables et facilement transportables, on y trouvait toutes sortes de légumes, de fruits et de graines, et quelques commerçants vendaient de belles pièces de viande. Il y avait également des vendeurs d'armes, des vendeurs d'accessoires et même un vendeur d'objets inutiles mais pratiques dans certaines situations données que le commerçant appelait lui-même "gadgets". Et par chance, Mat' trouva un cartographe humain.

- Monsieur, que puis-je pour vous? lui fit le vendeur, un homme au teint basané et à la barbe fournie, apparemment plus qu'heureux de pouvoir faire enfin des affaires.
- Il me faudrait une carte complète et précise de Taku.
- Magnifique! J'en ai justement là une qui recense toutes les cachettes au trésor des nomades du désert! Fortune, mon ami! Fortune!
- Je veux juste une carte géographique du continent.
- Ah,
fit l'homme, dont la joie fit place à la déception. J'en ai une aussi. Une carte de Taku complète, avec les villes et les ports du continent. Je vous la fais... allez, deux Hyriths d'or et demie.
- Elle est en feuille d'or incrustée de diamants nains, votre carte?
- Certes non. Mais c'est la seule carte de Taku que vous trouverez à Ignus, je vous le grantis.


Mat' avait de sérieux doutes quand à l'affirmation du cartographe, mais la situation était à l'urgence. Plongeant la main dans sa bourse, il en sortit trois pièces d'or et les posa sur la table.

- Gardez la monnaie.
- Oh, à ce prix là je vous offre l'étui en cuir qui va avec.
- Quelle générosité...
- Ça me fait plaisir. Tenez, et bon voyage!


Et c'est au moment ou Mat' prenait son étui qu'un échoppe quelque part derrière lui explosa. Se retournant, il vit une espèce de sanglier géant réduire une autre échoppe en miettes avant de s'attaquer à une troisième, apparemment dans un accès de rage et de fureur. Et sur le sanglier, à la place du cavalier, il y avait son jeune compagnon d'infortune.

- Monte! Je t'expliquerai!

Monter là-dessus? Et quoi encore? Le mercenaire n'allait pas risquer sa vie sur une bête pareille. Et il n'allait pas non plus aider le garçon, qui se faisait balloter de tous côtés sur la bête. Il lui avait confié une tâche simple : trouver des chevaux afin qu'ils puissent quitter discrètement la ville. Et lui lui avait ramené un sanglier furieux qui s'amusait à détruire le marché du quartier commerçant. Qu'il assume, ce n'était pas le problème de Mat'. Récupérant sa carte, il ignora le jeune homme et prit à son tour la fuite dans les ruelles, suivant la masse. Il y aurait bientôt les autorités locales sur place, et le jeune mercenaire avait eu suffisamment affaire aux orcs pour la journée. Il allait devoir se trouver un cheval et quitter rapidement la ville, avant qu'ils n'en ferme les accès pour empêcher le sanglier de sortir. Et tant pis pour l'autre.

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