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[ouvert] Les ombres de l'hiver
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Auteur:  Thalek [ Mar 16 Fév 2010 01:46 ]
Sujet du message:  [ouvert] Les ombres de l'hiver

[épisode antérieur au RP prévu par Elowen, sans rapport]

D'un mouvement rapide elle attrapa la petite noix posée sur le sol enneigé. C'était bien rare d'en voie à cette période. Pas question d'hésiter. Les noix d'hiver sont dit-on les meilleures, leur rareté fait le gros du travail car le goût n'est pas vraiment excellent. De telles réflexions n'apparurent que brièvement dans son esprit. Une noix c'est une noix, mange-là ou repend-toi. De ses petits doigts elle agita vivement la coquille, posa son oreille dessus. Pas pourrie. C'était une chance. Si les noix d'hiver ont la capacité d'être bonnes, elle ont aussi la capacité d'être pourries.
L'arbre le plus proche se trouvait à une vingtaine de mètres de là en compagnie de quelques uns de ses congénères, réunis en un bosquet isolé sur la lande. Le coin n'était pas très riche en arbres. Elle avait des cousins dans le sud. Là-bas il y avait une forêt. Mais il y avait aussi beaucoup plus d'hommes. Ça ne grouillait pas, mais c'était suffisant pour qu'elle ne s'y sente pas en sécurité. Ici la nourriture, sans être abondante, était à la portée de tous. C'est pourquoi elle ne resta pas longtemps au niveau du sol, en plein milieu de la neige. Sa fourrure rousse n'aidait pas au camouflage. Les sens en alerte elle regarda à l'ouest. La lande à perte de vue. À la lisière du monde une forêt peut être s'étendait de tous les côtés. Le soleil envoyait ses derniers rayons sur le sol d'un blanc immaculé. La saison hivernale était sa préférée. Calme, belle, vivifiante. Il ne faisait pas si froid une fois qu'on y était habitué. D'un mouvement sec de la tête elle observa l'est. Quelques feux de cheminées commençaient à s'élever vers les cieux. Pas de nuage ce soir, ni de vent. Le petit village était animé, comme tous les soirs. Elle ne trainait pas trop là-bas, il y avait des chiens qui courent vite. Elle en entendit quelques uns aboyer puis tout se calma. Le soir l'activité était centrée sur l'auberge. Une belle et grande auberge. Parfois des effluves des cuisines venaient lui chatouiller le museau au milieu de la nuit. Ce soir on entendait des rires d'enfants.


La fenêtre était grande ouverte, mais il n'avait pas froid. Il fallait revigorer tout ce corps avant de plonger dans la chaleur et l'humidité de la grande salle. Au dehors on y voyait plus grand chose, mais le village envoyait encore un peu de lumière sur les alentours. En cette période il n'y avait pas beaucoup de déplacements, à part peut être quelques voyageurs téméraires. Bien sûr les marchands itinérants ou les convoi ne connaissaient pas les saisons et on pouvait en croiser n'importe quand dans l'année, foire ou non. Malgré ça le village se refermait sur lui même à chaque hiver. Une histoire de conservation de la chaleur. L'activité était réduite, les chasseurs sortaient très occasionnellement. Il n'y avait que les enfants qui gardaient une vraie joie de vivre, non feinte. Passant leurs journées à jouer près des maisons qui jouxtaient la Route, s'amusant avec la neige, il rentraient mouillés, frigorifiés, et parfois malades, mais toujours en riant.
Il perçut un mouvement dans le lointain. Au milieu de la neige une forme rougeâtre courait vers le bosquet. Un sourire sur les lèvres il la suivit des yeux. Elle courait plutôt vite, contourna une branche cassée, passa à travers une clôture en bois qui entourait un petit jardin de fleurs dont s'occupaient les enfants à la belle saison, puis...PAF !

"Arrête donc de rêvasser à la fenêtre, tu vas prendre froid ! Et descend en salle, ça commence à se remplir."

Elian passa la main sur l'arrière de son crâne douloureux sans se retourner pour autant. D'où venait donc cette manie de frapper sans cesse un même endroit, sans aucune retenue ? Et le bougre ne s'en lassait pas. Mais Elian oui.

"Tu ne mettras pas ton chapeau ridicule ce soir."

Il se retourna brusquement pour faire face à son interlocuteur et connaître la raison de cette décision, mais il se retrouva face à une chambre vide. Le mot mourut dans sa bouche alors que la porte se refermait.
Avaient-ils des invités de marque ? Un religieux de passage sur la route du Monastère ? Ou bien un riche seigneur autoritaire ? De mémoire jamais on ne lui avait demandé de s'habiller de telle ou telle manière. Il devait y avoir quelqu'un de vraiment important. Et de vraiment à cheval sur les bienséances. Il jeta un regard sur son compagnon de tous les soirs. Il prenait grand soin de son accessoire. Il savait très bien qu'il n'aimait pas travailler sans son couvre-chef ! Pourquoi cette torture inutile ! L'aubergiste ne semblait même pas prévoir pour lui un avenir ailleurs, pourquoi lui faire regretter son séjour ici ?
Inutile de se morfondre. Ce serait une bataille perdue d'avance de toute façon. Mais s'il espérait le voir tous les jours sans son chapeau, il pouvait rêver...
Il passa un anneau à son oreille gauche. Une petite plume pendait, accrochée au cercle de métal. Ça lui donnait un petit air bohème. Il avait récolté quelques sourires charmés grâce à elle. Par dessus sa chemise blanche il revêtit un gilet sans manches gris. Autant rester sobre.

La salle n'était pas vraiment remplie, mais les conversations allaient bon train. En posant le pied sur la dernière marche des escaliers Elian faillit renverser l'épouse de l'aubergiste qui filait vers la salle les mains chargées d'assiettes. Elle lui fit part de son mécontentement par un sifflement contrarié, sans pour autant s'arrêter de marcher. Il n'y fit pas attention, jeta un regard par la porte entrebâillée à sa droite, salua d'un coup de tête Karan l'aide aux cuisines du soir, puis continua vers le bar. Anaë y était encore, remplissant un pinte de bière brune. Les clients en profitaient car elle commençait à se faire rare. Les brasseurs avaient décidé que cette année la blonde serait de mise, mais l'avis des consommateurs était tout autre. La jeune femme posa le verre et lui lança un sourire. Changement de rôles. Elle défit son tablier, le lui jeta, puis partit en cuisine chercher des assiettes.
D'un mouvement habile Elian noua le tablier autour de sa taille et commença son service.
C'était sans appel, les commandes de bière brune feraient la majorité des recettes de ce soir.

Il eut beau regarder avec attention au dessus de la masse de buveurs accoudés au bar, lancer des œillades pleines d'interrogations à Anaë, il ne put découvrir ce qui se tramait. La soirée ressemblait à n'importe quelle soirée, avec ses rires pleins de graisse d'oie, ses cliquetis de couverts, son guitariste de passage et...ses bottes en cuir lustré et ses boutons de manchette ! La vision resta furtive, mais il avait bien vu. Il y avait quelqu'un dans un coin sombre qu'il n'avait encore jamais vu et qui était bien richement vêtu. Tandis qu'il essuyait une choppe il se dit que ça ne valait vraiment pas une interdiction de chapeau.

Auteur:  Track [ Lun 26 Avr 2010 20:48 ]
Sujet du message:  Re: [ouvert] Les ombres de l'hiver

[[[Je ne lis jamais les biographies des autres personnages pour ne pas connaitre leur histoire et par flemme également, donc si j’ai fait une erreur quelque part, n’hésite pas à m’en faire part. Je lis quand même les descriptions physiques, psy, vestimentaire, etc. Par ailleurs c’est un post court et je m’en excuse, mais c’est pour introduire mon personnage et je n’ai pas encore d’idée quand à ce que tu veux faire. Les prochains seront plus conséquents. Enfin, j’utilise souvent des termes japonais et des éléments de la culture japonaise – j’y ai vécu presque dix ans – c’est pour cela qu’il peut y avoir quelques explications dans mes post. Je ne dis pas que tu ne les connais pas mais que je préfère me réserver de toute ambiguïté dans les termes. Et désolé pour la taille de ce HRP^^.]]]

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Le village, qui n’était qu’un amas de points lumineux il y a quelques heures, ne se trouvait maintenant qu’à quelques pas. Les cheminées fumaient à plein régime et les vitres se couvraient d’une épaisse couche de buée. Cela faisait penser à une image que l’on trouvait dans las contes pour enfants… Un village, de la neige, des vitres emplies de lumières et des panaches de fumé s’élevant aux cieux nocturnes. Cette pensé arracha un sourire invisible au mercenaire.

Le jeune homme stoppa sa marche et parcouru la masse de petites chaumières du regard. L’endroit semblait calme mais une clameur s’élevait d’un bâtiment plus de l’autre côté des habitations. La logique voulait que cet endroit d’animations permette de se restaurer. Firoz sous pesa sa bourse qu’il cachait sous ses larges cuissardes. Il y avait suffisamment pour nourrir une famille durant une semaine.

Il reprit sa marche, puisant le reste d'énergie que ces trois jours de marche lui avait laissés. L’idée d’enfin pouvoir trouver le repos dans un lit et non dans la neige le revigorait. Les froides nuits ne le dérangeait plus depuis qu’il maitrisait sa température corporelle mais se réveiller trempé comme un linge avait tendance à l’agacer au plus haut point. Les sécher consommait beaucoup de temps et d’énergie…

Quelques lanternes sur les murs éclairaient les rues mais la plus grande part de la visibilité était due aux feux de bois crépitant dans les cheminées, les rayons de lumières traversant les vitres. Pourtant la plupart des chaumières semblaient vides…

Les cliquetis que produisait l’équipement de Firoz étaient peu à peu couverts par le bruit de l’animation qui régnait dans ce qui devait être une auberge. Le bâtiment apparût telle une anomalie dans le village. Animé, chaleureux, vivant. Des effluves de viandes cuites trouvait chemin jusqu’aux narines du jeune homme, excitant son appétit. Le son des rires semblait inviter les voyageurs à entrer. Le Loup Blanc accepta l’invitation.

Une grande salle à demie emplie des villageois, expliquant l’absence de vie dans certaines des maisons. Un garçon, tablier sur le torse, semblait faire office de serveur. Une jeune femme, sans tablier, semblait se charger des plats assiettes et autres. Un court silence s’installa lorsque Firoz entra. Ce dernier était habitué par la surprise qu’il provoquait en entrant quelque part, son accoutrement en étant la cause. Les deux katanas à sa ceinture devaient aussi y participer. Seul le serveur ne semblait pas étonné au point de le fixer.

La curiosité passée, les discussions et les rires reprirent de plus belles. Le mercenaire observa les clients quelques instants et remarqua un homme richement vêtu dans un coin, intrus parmi les villageois, qui l’observait encore. Le jeune homme ne le fixa pas et fit comme s’il ne l’avait pas remarqué pour pouvoir mieux le surveiller. Il se méfiait toujours des gens riches…

Une table, à peu près au centre de la salle semblait lui tendre les bras. Il s’avança donc et pris place, détachant ses armes et les posant debout contre le bord du meuble de bonne facture, tsuka* vers le haut.
[[[Tsuka : Poigné du katana. Ne pas confondre avec la Tsuba qui est la garde du katana.]]]

Le Loup Blanc sentait des regards se poser sur lui puis se retirer sauf un, qui le fixait encore. Cette sensation d’être observé et examiné le gênait sans pour autant l’inquiéter plus que cela. Il chassa sa gêne d’un haussement d’épaule quasiment indécelable et leva la main pour attirer le regard du jeune serveur à la tignasse noire. Son manque de réaction lors de l’entrée de l’étranger devait signifier qu’il ne l’avait pas remarqué. Peut-être que si…

Auteur:  Thalek [ Sam 15 Mai 2010 14:42 ]
Sujet du message:  Re: [ouvert] Les ombres de l'hiver

Jo' ne se maîtrisait plus. D'un mouvement leste et indolent, il partit en arrière, s'appuya sur l'épaule d'un homme, assis peut être, mais pas vraiment dans un meilleur état, et repartit en avant. Comme s'il prenait son élan, il posa les mains sur sa table et sauta dessus, comme si toute son énergie lui était subitement revenue. Entouré par les vivats de ses compagnons de chasse, il se mit debout sur la table et commença à danser. Car il y avait de quoi. Une troupe de ménestrels s'était installée depuis quelques jours à l'auberge. Il n'étaient pas d'ici. Ils avaient une langue bizarre, qu'Elian ne connaissait pas, toute en sons gutturaux et de chuintements. Mais ils jouaient diablement bien. Dans cette ambiance hautement festive, Jo' ne pouvait que monter sur la table. Son taux d'alcool le lui permettait en tout cas.

Elian, un verre à moitié rempli à la main, s'arrêta dans son service pour regarder l'homme faire trois pas d'un air enjoué puis rater la table et dégringoler par terre, alors que ses compagnons s'écroulaient de rire. Le jeune homme baissa la tête, termina de remplir le verre puis le tendit au vieil homme qui le regardait d'un oeil torve. Elian attrapa son torchon et une carafe d'eau. Se faufilant entre les buveurs joyeux, les danseurs enflammés et les tables occupées, il parvint au petit groupe. Il était toujours à terre et semblait dormir. Les autres semblaient l'avoir oublié et s'étaient rassis, toujours riants. Il vida la carafe sur la tête du buveur. Qui grogna en secouant sa tête. D'un geste vif Elian passa son bras sous son épaule, le souleva et l'assis à la table. Sans prendre le temps de réfléchir, l'homme bascula en avant et se rendormit, la joue contre la table, tandis que les autres riaient de plus belle. Elian revint au bar, son bastion. Derrière ce comptoir salvateur se trouvait les élixirs de joie et de bien être, les potions d'oubli, les sérums de vérité et les breuvages divins. Il avait le contrôle et derrière sa muraille, rien ne pouvait lui arriver.

Un homme avait levé sa main d'un air impatient. Il avait des habits inhabituels. Elian n'en fut pas choqué pour autant, on en voyait des vertes et des pas mûres dans cette région. Pour tout dire, n'importe qui en Ikari, même le plus paysan des paysan ne s'étonnait de rien. Toutes les routes du continent étaient routes de pèlerinage. Aussi les étrangers ne manquaient pas. Mais il faut bien avouer que cet aventurier, son étrange épée et son armure toute de plaques à moitié décollées aurait droit à une place particulière dans le carnet de croquis. Vive l'aigle et agile comme l'anguille, Anaë fonça sur sa proie, le carnet dans une main et le crayon dans l'autre, prendre la commande de l'inconnu. La femme de l'aubergiste, par contre, était bien moins en forme. Poussant les portes à double battant de son large fessier, elle sortit des cuisines avec trois plats dans les mains. Elle se fraya son chemin dans la salle à la force de ses coups de pieds et de ses coups de gueule. Tout était prétexte à râler, surtout les jours d'affluence.

***

L'inconnu rapprocha son assiette de lui, la bave aux lèvres. C'était un cuissot de porcelet dont la teinte dorée faisait tout aussi bien saliver ses voisins de table. On avait enlevé l'essentiel de la couenne, légèrement saupoudré le gras de sucre, réchauffé le cuissot jusqu'à l'os et l'avait mouillé d'un peu de jus de citron pour lui donner une belle couleur et un saveur sans goût de brûlé. Le morceau de viande était servi avec un ensemble de légumes blanchis et étuvés au beurre. Lorsque le premier coup fut donné, on détourna le regard, c'était vraiment trop insoutenable.

***

Qui méritait tant d'égards ? Elian n'était pas mauvaise langue, la cuisine d'ici était bonne. Mais avec ce monde, on ne prenait pas le temps de fignoler les angles. C'était bon, c'était gras, c'était goûtu et c'était bien cuit, point. Alors qu'il terminait de servir un verre d'hydromel, Anaë vint près de lui. Elle commença, comme à son habitude, par lui pincer le flanc. C'était pour vérifier qu'il ne prenait pas de gras, disait-elle. Pas de soucis à se faire là-dessus, Elian ne manquait pas de faire un minimum d'exercice. Elle enchaîna avec un petite pirouette, qui lui valu des remarques narquoises des clients accoudés au bar. Elle remplit un verre de bière en riant puis se tourna vers le jeune homme, une sourire mesquin sur son visage.

"Tu as vu le guerrier ? Pas mal hein ?
- Oh tu sais... Ils passent et repassent.
- Pfff arrête, je t'ai bien vu le reluquer. J'irai lui parler après mon service, il a l'air d'avoir plein d'histoire à raconter.
- Ouais...
Il se mit à essuyer le comptoir d'un air distrait.
- Très bien monsieur le rabat-joie, je te laisse à ta bière et à tes ivrognes !
- Eeeeeeeh oooooh Mademouazeeelleuuuh, pas de ! pas de ! pas de méchanceutés !"

Elle repartit en riant vers les cuisines, laissant Elian essuyer le comptoir d'un air rêveur, pendant qu'on lui demandait une bière, encore.

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