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| Maison Close: la Rose Rouge http://www.aither.fr/marbre-f15/sujet178.html |
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| Auteur: | Jelune [ Mer 24 Fév 2010 20:55 ] |
| Sujet du message: | Maison Close: la Rose Rouge |
La maison close Rose Rouge est la plus réputée, d’abord parce qu’elle contient le bureau de la Maîtresse Courtisane, ensuite parce qu’elle est la seule à avoir réussi à s’établir dans un des beaux quartiers de Makana. Officiellement sa présence n’est que moyennement tolérée, mais officieusement elle est très bien intégrée. En dépit de son statut de maison close, la Rose Rouge est un très établissement d’une architecture intérieure tout à fait raffinée et élégante. La salle principale ressemble fortement à un salon de thé où déambule de charmantes créatures qui ressemblent davantage à des aristocrates bien établies qu’à des prostituées. La Patronne Ecrin accueille ici tous les clients, sous l’œil attentif et discret de deux gardes. Lien: photo de la Rose Rouge. Les chambres sont bien isolées et meublées du plus fin travail de menuisier. Elles sont garnies d’un grand lit aux draps de soie, d’une table et de deux chaises placées face à de larges fenêtres, elles-mêmes encadrées d’épais rideaux en velours. Les chambres sont spacieuses, ceci afin de pouvoir y transporter une baignoire qui sera remplie d’eau chaude à la demande du client. Une élégante étagère d’ébène orne par ailleurs la pièce, offrant à ses visiteurs une sélection de livres érotiques. Bien entendu, les courtisanes de la Rose Rouge savent toutes lire avec une voix des plus suaves. Il va s’en dire que seuls les clients les plus fortunés et les plus hauts placés viennent à la Rose Rouge. Ils ont tout à fait le droit de venir cachés sous une capuche, sachant parfaitement que les maisons closes sont tenues au secret en ce qui concerne l’identité des clients. Si la majorité des clients viennent pour assouvir leur désir, certains se déplacent uniquement pour des fantasmes que certains qualifient de « folies », tel que louer une chambre pour simplement écouter une beauté lire un roman érotique. * * * Je lisais une lettre lorsque William entra en trombe dans mon bureau : - Maîtresse Sangre ! appela t-il, essoufflé. William était le seul garde à qui j’avais donné l’autorisation d’entrer sans frapper en cas d’urgence. Sa présence soudaine ne m’inspirait donc rien de bon. - Oui ? - On a… On a retrouvé le corps d’une autre fille, au quartier d’Onyx. Je serrais les dents. C’était la troisième courtisane qui mourrait en deux mois. Jusque là, j’espérais que ça n’eut été qu’une coïncidence, un malheureux hasard. Mais qu’une fille soit tuée près du Quartier Général de la Confrérie était mauvais signe. Il était temps d’ouvrir une enquête. - Qui est la malheureuse ? - Féline… Je fis la moue. Si la perte des deux précédentes courtisanes du quartier de Pyrite m’avait moins affectée, c’était bien parce qu’elles n’étaient pas aussi douées que Féline. La jeune fille allait manquer à la Rose Rouge tout autant qu’aux clients. - Cette situation est très préoccupante. La Patronne de la maison close de Pyrite avait estimé que les meurtres étaient une affaire de famille, car les deux victimes étaient sœurs. Mais désormais, il est évident que tout ceci est lié. - En êtes-vous sûre ? interrogea timidement William. Après tout, la mort de Féline n’est peut-être pas liée à celle des deux sœurs… - Hélas, si ! Je saisis la lettre posée sur mon bureau et la montrait au garde : - Je lisais ceci avant ta venue. C’est une menace de mort. Ecoute donc : « Tu n’aurais pas dû accepter le poste de Maîtresse Courtisane, Perle. Tes meilleures courtisanes vont peu à peu trouver la mort, et ce dans des conditions de plus en plus effrayantes. Et elles ne feront que tracer le chemin sanglant qui me mènera à toi : ton tour viendra. » William resta silencieux un moment, tandis que je divaguais dans mes pensées, essayant de lier les éléments les un avec les autres. - William, j’ai une série d’ordres à te donner, annonçais-je soudain au garde. Prends-en bien note. L’homme se redressa, attentif. Je m'élançais: - Nous avons besoin de l’aide de la Confrérie et du Gouvernement. De la Confrérie, je veux un homme qui sait être discret, capable de ramener des informations. Du Gouvernement, il faut un officier, afin qu’il ouvre une enquête sur les meurtres. Je compte sur toi. Et nous verrons bien si nous avons besoin d’un Chevalier, bien que j’espère ne pas en arriver là… Car je doute qu’un Chevalier apprécie de travailler aux côtés d’une catin ! Allons, William, au travail… Le garde rompit en refermant doucement la porte derrière lui. Je me mis à faire les cent pas dans le bureau. Il fallait rapidement trouver le meurtrier, car au fond de moi, je ne craignais que ses agissements aient de grandes répercussions… |
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| Auteur: | Nathaniel [ Mar 2 Mar 2010 17:51 ] |
| Sujet du message: | Re: Maison Close: la Rose Rouge |
-N’insistez pas, c’est un non catégorique. -Hyldegünst, ne faites donc pas l’enfant vous œuvrer pour la Confrérie depuis 19 ans -30 en vérité… Le porte-parole eut un sursaut. Puis se ressaisit immédiatement. Un bref moment d’inattention et le voilà qui tombait tête la première dans la vilaine ruse tendue par son interlocuteur. Le temps de revérifier ses papiers pour être sûr que les notes de la Confrérie avaient été mises à jour et le demi-elfe voleur affichait déjà un sourire triomphant sur ses lèvres. Les pieds posés avec négligence sur le bureau du maître des lieus, la chaise reposant sur deux pieds, les mains jointes sur son ventre mince, il affichait comme d’habitude la position de suffisance nonchalante que tous lui connaissait. -Nos archives sont sans cesse mises à jour. Répondit-il à la petite ruse pernicieuse d’Hyldegünst. L’elfe noir fit un signe évasif démontrant qu’il ne s’en doutait pas en plus de s’en foutre royalement. Son truchement enleva doucement ses lunettes, et croisa les mains sur son bureau. L’animal se montrait toujours récalcitrant de prime à bord. Pour obtenir ce qu’on voulait de lui, il fallait le gratter dans le sens du poil comme suggéré précédemment par ses collègues assistants du Maître de la Confrérie… Pendant qu’il préparait un discours pompeux et vantant les mérites du voleur, Hyldegünst lui retombait quelques heures en arrière, se rappelant comment il en était venu à pénétrer dans ce bureau pour voler sa candidature à un autre membre… Il soupira intérieurement. *** La nouvelle recrue sortit du bureau en courant, sautillant, bref des adjectifs définissant l’impatience caractérisant, les premières missions. Hyldegünst le regardait avec mépris, maudissant d’emblée cette pâle imitation de ce qui avait prétendument été qualifié de « voleur » à une époque. Il tendit la main, et sans même que l’apprenti voleur s’en rende compte, lui déroba son ordre de mission. Il le regarda du coin de l’œil, tenant un poing vide brandi au dessus de lui « amateur » murmura Hyldegünst en parcourant la feuille des yeux. Il y était question d’un meurtre, d’une Maison Close, et d’un espion sollicité par la Maîtresse Courtisane. La Maîtresse Courtisane… Ce nom évoquait vaguement quelque chose en lui… -La Maîtresse Courtisane est la dirigeante de toutes les maisons closes. Domicilié à la Rose Rouge elle veille, en collaboration avec le Maître à appliquer les stratégies établies. Elle régente également toutes les patronnes et veille à l’hygiène générale. Ce qui distingue en gros la maison close du bordel de base. Les courtisanes, la qualité, les habitués… Hyldegünst se retourna, sans même sursauter. Il avait distinctement entendu les bruits de pas se rapprochant dans son dos. Aux sons traînants de son pas, il en avait déduit qu’il s’agissait d’un mendiant en sandales, et l’entendant parler, il l’avait situé culminant à une cinquantaine d’années. Quant à savoir sur quel mot il buttait depuis tantôt… Espionner et déduire les bonnes hypothèses d’un bref coup d’œil ou murmure était l’apanage de tous les mendiants travaillant pour la Confrérie. - Dit-moi. Reprit-il. Cette mission n’était pas adressée au petit nouveau ? Hyldegünst sourit. - Si. J’attends de voir combien de temps il va lui falloir pour se rendre compte qu’il ne l’a plu… il entendit un bruissement d’air juste à côté de lui et tourna élégamment sur lui-même, levant le bras tenant la feuille en l’air. Du même mouvement, il plaqua un pied en oblique sur le sol, sortit un couteau de sa manche droite et bondissant en arrière. Il atterrit un genou entre les omoplates de son agresseur, l’autre, la jambe enroulée autour de son bras, à terre, la pointe de sa lame à un centimètre du cou du malheureux. Il reconnut le néophyte qui gémissait piteusement le nez aplati sur le sol. -Première Règle n’étant pas dans le Code officiel petit, ne jamais agresser un vétéran de la Confrérie. Et seconde Règle, ne jamais m’agresser moi en particulier. Le jeune apprenti, qu’il tenait toujours fermement, prit son courage à deux mains pour acquiescer doucement. Hyldegünst desserra lentement son étreinte pour finir par le lâcher totalement. Avec toute la dignité qu’il pouvait lui rester, il tendit la main pour récupérer la feuille que le vétéran tenait toujours hors de portée. Bien que ce petit ait lamentablement échoué dans sa tentative de vol, il fallait lui reconnaître un certain courage. Ou une inconscience pure. Mais quitte à choisir… La porte du bureau s’ouvrit. -Ah, Hyldegünst, justement je voulais vous parler. Donnez-vous la peine d'entrer. Un ton pompeux ? Une invitation aimable ? Rien de bon n'en ressortirait. A contrecoeur, le demi-elfe franchit la porte du bureau. Une fois qu’il fût fut entré et ce fut correctement assit, il poursuivit : - Vous avez sans doute remarqué Blackhorson… - Black… répondit-il d’un air dubitatif. - Horson. La nouvelle recrue. Il acquiesça. - Et vous savez qu’il vient de se voir attribuer une mission disons assez - On choisit toujours notre propre pseudonyme ? l’interrompit-il. Ignorant superbement qu’il venait d’être grossièrement interrompu par son interlocuteur, l’assistant du Maître de la Confrérie acquiesça. - Pourquoi vouliez-vous le savoir ? - Simple sujet de moquerie pour plus tard. Vous disiez ? - Eh bien, nous avons décidé de vous nommer Parrain de… - N’insistez pas c’est un non catégorique. L’interrompit-il pour la seconde fois. *** -Hyldegünst, je ne vais pas vous mentir. Vous êtes sans doute un des membres les plus qualifiés de la Confrérie pour devenir parrain de Blackhorson. Vous savez que le parrain doit-être un grand vétéran d’ici, qu’il doit connaître le Code à la perfection et plus encore qu’il doit-être très compétent dans le domaine. Or reconnaissons-le, durant toutes les missions qu’on vous a demandé de mener à bien, il n’y a pas eu une seule bavure. Enfin il y a bien eu des débordements de temps à autre et des larcins plus gros que de raison mais jamais rien n’a pu être prouvé pas vrai ? –il fit non de la tête, souriant toujours- C’est la raison pour laquelle nous vous demandons à vous spécifiquement de bien vouloir contribuer au bon déroulement de la toute première mission de Blackhorson. Vous savez à quel point la notion de Parrain est une valeur que nous aimons à partager ici. Peut-être même la seule notion un tant soit peu humaine et altruiste. Apprenez à ce petit gars les ficelles du métier. Je suis sûr qu’il s’en sortira bien et que vous ne devrez pas trop être derrière lui ni couvrir ses arrières. - Je croyais vous avoir dit de ne pas insister. Répliqua-t-il d’une voix devenue glaciale. Je ne suis pas chaperon pour apprenti voleur indigent. Vous aurez beau me compter mille louanges qui ne sont certes pas dénués de vérité, c’est un non catégorique. Le porte-parole soupira. - Je me disais bien qu’on ne pourrait pas faire autrement… Quel est votre prix ? Le sourire d’Hyldegünst revint immédiatement. -Si c’est une mission avec un pécule à la sortie, c’est différent. Des hyriths contre l’apprentissage, j’aime le concept. *** Hyldegünst était sur le point de rebrousser chemin. La nuit lui permettrait de se dissimuler un temps suffisant pour que le néophyte ne remarque même pas son absence… En même temps, avait-il vraiment besoin de la nuit pour que l’autre ne le remarque pas partir ? Si seulement oui, si seulement il avait pu parfaitement déterminer les étendues d’incompétence de Blackhorson… Jamais pour tous les hyriths d’Aïther il n’aurait accepté ! On lui aurait promis le poids d’un sanglier des plaines en Hyriths d’Or qu’il aurait quand-même refusé. La Confrérie était décidément tombée bien bas. Ou alors les examinateurs n’étaient plus ce qu’ils étaient. Si ça se trouve ces derniers temps, ils recherchaient plus des qualités telle l’insouciance, la bravoure tournant à la crânerie, la stupidité pourquoi pas, l’art de frapper avant et réfléchir après… A bien y réfléchir… - Dis-moi, Blackhorson, tu militais pour quel métier déjà ? Fantassin non ? Sa question n’avait été qu’un murmure pour les oreilles non-initiées. Un habitué n’aurait eu aucun problème à l’entendre, un apprenti aurait du interpréter un minimum de la phrase. Lui, n’entendit rien, son pas évoquant la lourdeur d’une bête sauvage, ses bottes claquant violemment sur les pavés de la Grand Place de Makana, dans le quartier de Marbre. Deux à trois mètres le séparait du jeune apprenti, et pourtant, il y avait entre eux un monde de différence. Ce petit était décidément inapte à prétendre être ne fut-ce qu’un aspirant voleur. Il n’avait rien respecté ; marcher dans l’ombre ; silencieusement ; ne pas attirer l’attention ; toujours sans expression… Et voilà que ce crétin congénital s’aidait des lumières pour trouver son chemin, affichait un sourire avenant et marchait en plein milieu de la rue, permettant ainsi à ses bottes de produire une sorte de symphonie préhistorique à coup de tons différents selon s’il marchait sur une bordure, un trottoir, un pavé mal disposé, un sillon, un creux dans le sol… Il le faisait exprès ou quoi ? Arrivé devant l’établissement, Hyldegünst ralenti l’allure et laissa son « portégé » se diriger lentement vers… L’entrée ?! Il fit la moue,avec l'air de sermonner un jeune nouveau né. Un claquement de langue l'accompagna. Sec. Un bon voleur, même chez son commanditaire se devait de faire démonstration de son talent. Règle élémentaire d’intimidation. Une seule voie d’accès autorisée donc, le toit. En l’occurrence, une pente d’un rouge bordeaux, escarpée sur les côtés et plus aisée d’accès au milieu. Hyldegünst aperçut entre les différentes tuiles trôner une minuscule lucarne où pouvait à peine se faufiler un demi-elfe noir. Se dirigeant vers un côté de la façade dominé par le lierre, il entendit vaguement murmurer à sa gauche « Laissez-moi entrer braves gens, la Confrérie m’envoi ! »… Si seulement la première règle de la Confrérie n’interdisait pas le meurtre entre ses différents membres. Il n’y aurait déjà plus trace de cette mauvaise réplique de ce qu’on ne pouvait ici légalement pas appeler un voleur… Dix secondes et une demi-douzaine de menaces de mort sur fond de répulsion plus tard, il crochetait la lucarne menant à l’intérieur de la Rose-Rouge. Il atterrit aussi furtif qu’une ombre à quelques mètres d’un bureau joliment sculpté, recouvert de paperasses et derrière lequel, une femme vêtue d’une robe rouge aux reflets laiteux offerts par la lune. Elle semblait écrire sur un bout de parchemin, la tête élégamment penchée en avant, concentrée jusqu’à l’atome. Pourtant, quand Hyldegünst l’interpella, elle ne sursauta même pas. Inattendu… -Bonsoir Mademoiselle Sangre. La Confrérie a entendue votre appel. Que pouvons-nous pour vous ? |
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| Auteur: | Jelune [ Mer 3 Mar 2010 22:58 ] |
| Sujet du message: | Re: Maison Close: la Rose Rouge |
Je rédigeais une note sur les trois défuntes courtisanes afin de rassembler toutes les informations possibles sur elles, lorsque je sentis un souffle d'air frais caresser ma nuque. - Bonsoir Mademoiselle Sangre, dit une voix d'homme. La Confrérie a entendue votre appel. Que pouvons-nous pour vous? Je terminais d'écrire ma phrase, posais la plume dans l'encrier et relevais la tête. Un demi-elfe. Souple, agile, discret. Je lui souris chaleureusement. J'avais espéré un membre de la Confrérie efficace et il semblait que le Maître avait perçut ce désir. Celui qui se tenait devant moi paraissait très jeune, mais son air farouche et la démonstration de son talent pour se faufiler jusqu'à mon bureau démontraient qu'il devait avoir davantage d'expérience qu'il ne le laissait paraître. - Bonsoir. Ravie que la Confrérie ait été prompte à répondre. Je vous en prie, asseyez-vous, fis-je en désignant l'un des deux sièges face à mon bureau. Il s'exécuta avec souplesse et posa les coudes sur mon bureau, attendant que je parle. Je m'exécutais aussitôt: - Trois courtisanes ont été assassinées en deux mois, déclarais-je de but en blanc. Je pensais que les meurtres n'étaient pas liés, mais j'ai reçu une lettre de menace de mort la veille du meurtre de Féline, l'une des filles décédée. Je lui tendis le funeste billet que j'avais soigneusement conservé. Quelques bruits retentirent dans le couloir, mais je me re-concentrais sur mon visiteur. Il parcourut rapidement du regard la lettre avant de me demander: - Bien entendu, vous avez déjà fait doubler la garde de la Rose Rouge? - Oui. Mais étant donné la facilité avec laquelle vous vous êtes introduits ici, j'ai quelques doutes quant à l'efficacité des gardes! annonçais-je en riant, mais le regard très ferme. Il allait répondre lorsque l'on frappa à la porte. Après mon autorisation, cette dernière s'ouvrit, laissa apparaître le visage de William. Il fut d'abord surprit de constater qu'un demi-elfe se trouvait dans mon bureau, mais se reprit bien vite: - Maîtresse Sangre, un jeune homme de la Confrérie désire vous voir. Il ne s'est pas du tout introduit dans les formes et il a faillit faire fuir une demie-douzaine de clients en beuglant, mais il insiste. Je jetais un coup d'oeil au demi-elfe et compris rapidement, à sa moue, qu'il connaissait la personne en question: - Mon subordonné, murmura t-il en soupirant. Laissez-le entrer, Mademoiselle Sangre, je vous prie. Je fronçais les sourcils puis fit signe à William de laisser entrer l'autre membre de la Confrérie. C'était un garçon qui paraissait terriblement jeune. Avait-il d'ailleurs l'âge légal pour se trouver ici, membre de la Confrérie ou pas? - Madame, fit le garçon en pénétrant dans mon bureau, bonsoir. Je suis à votre disposition au nom de la Confrérie, pour enquêter et résoudre votre affaire. Je suis Blackhorson. Il fit une maladroite révérence. - Asseyez-vous. Ma voix froide parut surprendre le jeune garçon, qui s'exécuta poliment. Très calme, je lui dis: - Blackhorson, vous êtes trop jeune à mon goût pour enquêter sur pareille affaire et en de tels lieux. Mais vos supérieurs doivent avoir de bonnes raisons de vous avoir choisis. Cependant, sachez que votre comportement a été intolérable. Pour qui vous prenez-vous à arriver ici en criant que vous êtes de la Confrérie? N'avez-vous donc aucune idée de l'endroit où vous vous trouvez? Je m'étais levée, et je m'approchais maintenant de lui. Je me penchais en avant sur lui et je plaquais mes mains sur chacun des accoudoirs, le bloquant dans son fauteuil: - Si vous recommencez votre manège, je vous fait interdire l'accès à toutes les maisons closes de Makana. Et je sais combien un jeune garçon entrant dans la puberté détesterait cette décision... Alors maîtrisez-vous! J'avais dit cela d'un ton très calme, le regard froid planté dans ses yeux. Le demi-elfe, à côté, semblait prendre un malin plaisir à contempler la scène. Comme si rien ne s'était passé, je me tournais vers lui: - Pourriez-vous m'expliquer ce que fait ici votre collègue? |
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