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Index du forum » Le Monde d'Aïther - Zone de jeu » Les Cinq Continents » Ikari

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Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard



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 Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard 
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Kyrie Terrevermeille
(Elowen inside)
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» Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
"ILS N'ONT PAS OSE FAIRE CA ?!!"

C'était l'aube. Ou peu après. La caravane, stationnant dans les plaines d'Ikari, s'éveillait à peine. Heureusement, la douce voix d'une Kyrie fulminante aidait tous ceux encore enfouis sous les draps à se sortir du sommeil.
La jeune femme était pourtant d'un tempérament calme, mesuré, pragmatique. Rien qui ne justifia une telle violence à réveil, surtout que c'est mauvais pour le coeur. Alors que s'était-il passé pour que la bohémienne se transforme en Val-Kyrie ? Cela, Gawain aussi aurait aimé le savoir. Elle venait de débarquer comme une furie dans sa verdine, tous ses bijoux tintant, sans prendre la peine de frapper, d'attendre, de voir s'il était présentable. Encore couché, relevé sur un coude, il lança un regard interrogateur vers l'intruse. Celle-ci était débraillée, les cheveux en bataille, les joues rouges d'avoir traversé tout le camp au pas de course.


« ...La livraison du sieur Bery...n'est plus là. »

Kyrie vit le meneur de la caravane blêmir. Il se laissa retomber sur sa couche, ses mains plongeant dans ses cheveux poivre-sel emmêlés, marmonnant quelque chose comme "catastrophe, catastrophe, catastrophe..."

« Autre chose a été dérobé ? »

« Non monsieur. Mais il est possible que les voleurs n'aient pas eu le temps d'emporter autre chose, Loht et Cendre étaient de surveillance cette nuit…Les voleurs auront fui avant de terminer leur larcin.»

Les yeux levés vers le plafond, Gawain semblait réfléchir, grattant sa barbe naissante.

« Ou bien encore c’était cette marchandise qu’ils visaient. Mais il aurait fallu être sacrément bien renseigné. Oh et puis qu’importe ! Il faut de toutes manières la récupérer, on ne dérobe pas impunément nos biens ! Et encore moins ceux de nos clients ! »

Il s’était relevé sur son lit et frappait du poing dans sa paume, semblant réfléchir furieusement. Kyrie comprenait cet agacement ; il y avait de meilleurs moyens de commencer la journée que par une nouvelle qui menaçait toutes vos affaires futures ! Et si cela venait à se savoir, la caravane perdrait toute crédibilité !

« Kyrie, mon enfant, il y a un village non loin, n’est-ce pas ? Il y a de fortes chances pour que nos voleurs y soient passés, il n’y a rien aux alentours. Renseigne-toi, à toi ils ne peuvent mentir. »

La bohémienne fit la grimace. Non, impossible de lui mentir. Mais elle n’avait pas envie de sonder les âmes de tous les habitants d’un village. Mais Gawain continuait :

« Il faut à tout prix récupérer cette marchandise, tu m’entends ? A tout prix ! Tu comprends les enjeux, n’est-ce pas ? Je compte sur toi.»

Oui, bon, ça c’était pas nouveau. Il avait d’ailleurs un peu trop tendance à se reposer sur elle. Mais soit, elle acceptait. Toutefois, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Sortir de la caravane, rencontrer ces gens de l’extérieur, se lancer dans cette quête perdue, cela ne l’amusait pas. Ce n’était pas sans danger, loin de là, même si elle savait se défendre. Les lèvres serrées, elle acquiesça. S’il persistait à l’envoyer dans des missions autrement plus dangereuses que celle de partir en livraison, elle devrait apprendre à se battre plus sérieusement. Ou engager un mercenaire. La pensée d’Imidril effleura son esprit, bien que celle-ci ne l’oublie jamais vraiment.

«Certes mais…seule ? Ce n’est pas sans danger… »
« …eh bien, trouve sur place des mercenaires de la Guilde ! Et dépêche toi ! »
« C’est bon, c’est bon, j’ai compris ! »

La jeune femme se précipita vers la porte de la verdine, mieux valait ne pas trop discuter ces choses là avec Gawain, il risquait d’être particulièrement de mauvaise humeur aujourd’hui.
Avant de refermer la petite porte, elle se retourna un bref instant, juste le temps de lancer un « à bientôt ». A bientôt, oui, mais quand ? Il avait raison, pas de temps à perdre : plus vite la marchandise serait récupérée, plus vite elle pourrait de nouveau faire partie du voyage.

Elle regarda le camp qui s’éveillait, découvrant le larcin ; le soleil se levait, mais le temps n’était pas clair. Une légère bruine tombait, mais aucune brise ne soufflait. C’était une bien étrange atmosphère pour Ikari. Un de ces jours qui permettent aux ruisseaux de ne pas s’assécher.
Elle entreprit d’aller chercher son manteau de voyage, quelques affaires, et de seller un cheval, Brynn, en l’occurrence, un postier qui lui servait d’ordinaire à tirer son chariot.
Quelques minutes plus tard, elle trottait vers la masse sombre d’un village qui se découpait sur l’horizon.
Dans ce que l’on pourrait qualifier de rue principale, si ce chemin de terre plus large que les autres pouvait être appelé ainsi, quelques personnes commençaient à vaquer à leurs occupations. Une ou deux échoppes ouvraient timidement leur devanture, un chat qui fouillait dans les ordures sous les yeux indifférent d’un vieux chien de ferme. Kyrie n’avait pas la moindre idée du nom de cette bourgade, et celle-ci vivait plus de l’agriculture que d’un réel commerce. Néanmoins elle restait une étape comme une autre sur les routes d’Ikari, et possédait comme il se doit une auberge. Parfait, c’était par là que la marchande commencerait. Ce village était trop petit pour compter des voleurs de marchandise sans que cela ne se sache rapidement ; donc, voleurs = étrangers = auberge. L’équation était simple et s’imposait d’elle-même.
Attachant sa monture à l’anneau prévu à cet effet devant la bâtisse, Kyrie contempla l’enseigne. Celle-ci indiquait « Auberge du Nouveau Venu », mais la jeune femme avait du mal à discerner le dessin qui l’illustrait.
Haussant les épaules, elle se contenta d’entrer dans l’établissement. Dans la salle basse, il n’y avait guère de monde. Non, bien sûr, il était trop tôt. Mais il existe une institution étrange qui veut que lorsque l’on voyage, on parte souvent à l’aube. Alors, rien n’était perdu.
Elle s’approcha du comptoir et attrapa la clochette qui y trainait, la faisant tinter afin de faire venir quelqu’un.
L’aubergiste apparu tel un diable dans sa boîte.


« Je peux vous aider ? »

Kyrie ouvrit la bouche…et se rendit compte que la faim se faisait sentir, n'ayant pas petit déjeuné. Et puis les commerçants, même sédentaires, ont la parole plus déliée si quelques pièces de cuivre sont sur le comptoir.
« …Je voudrais du pain, frais. Et du miel. Et du lait de chèvre s’il vous plait. Et de la viande séchée. Ainsi qu’une pomme, si vous avez. »
Le tenancier lui lança un regard amusé, comme un « elle en a de l’appétit la petite », mais la jeune femme n’était visiblement pas d’humeur. Il se retourna donc pour appeler son aide, un gamin d’une vingtaine d’années aux habits excentriques, la tête couverte d’un chapeau ridicule et une cicatrice sous l’œil gauche. Kyrie plissa les yeux : un énergumène intéressant, lui saurait peut être quelque chose.
En attendant, elle saisit vivement le poignet de l’aubergiste alors qu’elle glissait sa monnaie dans la paume de celui-ci. Respirant lentement, elle entreprit de se glisser dans son esprit, effleurant une à une ses pensées…Mais trop de visages se mélangeaient dans sa mémoire, et celui-ci retira sèchement sa main une fois la monnaie donnée. Il faut dire que la sensation d’intrusion dans l’âme n’est pas agréable, comme un long frisson glacé qui coule le long de votre échine. Mieux valait l’interroger directement.
Kyrie soupira. Elle était affamée, et cet exercice l’épuiserait rapidement. Elle alla s’asseoir à une table, d’où elle pouvait voir à la fois les clients entrant, et ceux descendant des chambres. Même si elle doutait que les voleurs soient encore là. Mais on pouvait toujours espérer.
Et il fallait qu’elle trouve un ou deux lascars pour l’aider dans son entreprise. Même si dans ce trou perdu, elle avait quelque doute sur ses chances de succès. Plutôt découragée, elle s’assit sur le banc, sculpté par les nombreux voyageurs qui s’y étaient assis.


[HRP : Disciple, j’attends mon ptit dej’ ! xD Nathaniel, Pitru, à vous de jouer, on va prendre le ptit dej', délivrer la princesse et partir à la poursuite des méchants...si je trouve une piste T.T Ah, l'aventureuse vie d'aventurier !]

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Lun 22 Fév 2010 22:54
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Lâche est celui qui refuse un combat... Lâche mais vivant...
Ménandre Tintomarra
(Nathaniel inside)
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Messages : 132
» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
Loo Wung était délibérément, complètement, infiniment, purement et simplement… Dérangé.
Déjà qu’il était de nature paranoïaque, si en plus il avait des sangsues manquant dans sa mare.
Ménandre caressa la joue du pauvre bougre, cible de la psychose de son ami, du dos de sa main. Il fit soudain volte-face, et jetta un regard furieux à son ami, qu’il était le seul à voir.

- Tu es conscient que ce pauvre gars est passé à deux portes de la mort ? Fulmina-t-il en regardant Loo droit dans les yeux.

L’entité détourna les yeux comme si la remarque ne l’atteignait pas. Il avait aujourd’hui opté pour un âge avancé, une barbe grise aux reflets irisés, cascadant du bas d’une protubérance nasale évoquant un légume difforme jusqu’à sa ceinture de cuir. Ses petits yeux étaient d’un brun noisette et pétillaient de malice.
Ses oreilles terminées en pointes lui permettaient de maintenir en place sur son crâne chauve un haut chapeau s’élançant vers le ciel dans un défilé de torsades rouges. Il arborait une grande boucle d’oreille ostentatoire à son appendice droit, qui, à travers une enfilade d’anneaux de plus en plus petits, atteignait le bas de son épaule. S’en servant comme d’une tresse, il la fit passer au dessus de son épaule d’un air faussement outragé. L’indifférence avait laissée place à la réplique.

- Je te le dis et te le répète le poilu. Ce …
- Ne m’appelle pas comme ça le coupa Ménandre avec une voix calme.
- « pauvre gars », poursuivit Loo Wung ignorant l’interruption, et son acolyte étaient deux brigands.

Ménandre observa l’autre malheureux étendu à côté de son comparse. Il vit d’abord ses vieux vêtements miteux, sa barbe de trois jours, et surtout, objet non négligeable, sa fourche plantée dans le sol à quelques centimètres seulement de sa tête.

- Mais ! Ça saute aux yeux que ce ne sont que d’humbles paysans !
- Une couverture, rien de plus. répondit Loo Wung avec un geste évasif de la main.
- Il n’empêche, soupçon ou pas soupçon, tu n’avais aucune raison valable de les attaquer.
- Bah justement si… J’avais des…

Ménandre lui intima le silence d’une main.
Il fit ensuite un autre bref signe de la main à l’intention de l’esprit, puis prit les deux malheureux sur son épaule. Il arracha enfin la fourche du sentier et se dirigea lentement vers sa petite différence personnifiée, sur les talons de son ami.
Loo Wung bougonnait comme un enfant à quelques mètres devant lui.

- Cesse de râler veux-tu ? Tu devrais t’estimer heureux de ne pas les avoir tués. Et tu devrais m’être reconnaissant de les po…

Mais Ménandre n’eut pas le loisir d’achever sa phrase, une violente douleur lui perça l’épaule droite. Poussant un cri étouffé il remua les bras, faisant ainsi tomber les deux paysans à terre. Seulement, au lieu de s’affaler mollement à terre comme toute personne catatonique, ils se tinrent debout devant lui, les membres pliés dans des angles bizarres, le visage vide de toute expression. Une liséré de sang perlait au bout des doigts de la main gauche d’un des « fermiers ».

- Ah ! Tu vois bien ! s’écria Loo Wung triomphant. Je t’avais qu’ils avaient quelque chose de bizarre.

La douleur passée, le lycanthrope y voyait désormais plus clair. Et quelque chose n’allait pas c’était un fait. Les deux hommes n’étaient pas dans leur état normal. Dans un bel ensemble, ils se jettèrent sur lui.

- Ecoute Wung, s’exclama-t-il en esquivant les coups maladroits des feux fermiers, je m’excuserai plus tard si tu me le permets.

D’un geste précis, Ménandre s’empara de la fourche d’un des fermiers et lui flanqua un coup de pied dans le ventre. Le paysan tomba en arrière, gesticulant dans le vide. Ce répit permit à Ménandre de se saisir de sa double hache, envoyant valdinguer du plat de sa lame le second paysan.

- Tu n’arriveras à rien comme ça, ils n’ont plus rien d’humain.
- Que veux-tu dire ?
- Je veux dire qu'ils sentent cruellement le souffre bleu si tu vois ce que je veux dire…
Ménandre ne percuta pas tout de suite. Il mit un certain temps d’arrêt à comprendre ce qu’une telle déclaration signifiait. S’ils sentaient bel et bien le souffre bleu comme Loo l’affirmait, c’est que lui et son ami imaginaire étaient peut-être enfin sur la piste d’une relique majestueusement importante dans l’histoire d’Aïther…
Cela signifiait également que les deux paysans avaient aspirés le poison mortel s'échappant de la fameuse relique. Ménandre jura. Comme l’affirmait son ami imaginaire, ces deux là n’avaient effectivement plus rien d’humain.
Le dénouement du combat s’accéléra. Ménandre trancha dans la chair, rapide et efficace. Mais malgré les nombreux coups de haches, les deux non-humains se relevaient inlassablement. Gardant, les deux non-humains à bonne distance de sa personne, il enleva son gant droit d’une main experte. L’acier clouté tomba d’abord sur le sol en produisant un bruit fracassant, puis vint le gant de soie fine qui se déposa sur le sol avec un peu plus d'élégance que son homologue de fer. Sa main était enfin à découvert. La gardant tendue loin derrière lui pour être sûr qu’elle ne touche personne par inadvertance, il faucha du pied les jambes du plus proche zombie qui s’écroula sur son comparse. Il fallait attendre pour obtenir le maximum de son pouvoir que les deux morts-vivants se touchent ne fut-ce que par effleurement.Ménandre porta alors sa main au visage du zombie le plus proche.
Les deux non humains n’eurent même pas le temps de hurler, de jeter un regard de stupeur ou de grogner une énième fois car ils s’étaient tout simplement volatilisés. Sur le sentier de terre battue, il ne restait que lui, et accessoirement sa psychose éveillée à barbe.
Ménandre soupira d’aise avant d’éclater de rire.
Loo Wung –qui s’était fait pousser des ailes, jugeant le temps long- s’approcha de Ménandre avec une moue réprobatrice.

- Tu ne t’es jamais demandé si tu n’envoyais pas les monstres que tu ne parviens pas à achever dans un village perdu à l’autre bout du continent y envoyant le chaos à prise rapide. ?

Ménandre tout à son hilarité entendit à peine la remarque de Loo Wung. Il connaissait pertinemment bien les conséquences de la téléportation. Il savait également que la majorité de l’étendue démographique d’Aïther était principalement composée de forêts, de déserts, de montagnes et d’eau… En d’autres mots, très peu de chances de tomber sur une ville. D’autant plus qu’il arrivait à préciser le point de chute de plus en plus précisément au fur et à mesure que les années passaient. Et il avait ici pensé aux déserts brûlants de Taku...

Bien. Toute bonne découverte se devait d’être fêtée dignement. A cette pensée, Ménandre aperçu l’orée d’un village droit devant lui… Sa vision avait été obstruée par les nuages du matin qui ne s'étaient pas encore suffisamment élevés dans le ciel pour faire naître le paysage l'environnant. Vingt minutes plus tard, il franchissait les portes de l’auberge, toujours aussi ravi de savoir qu’il venait (en soit) d’attester de l’authenticité de l’existence de la fameuse relique qui transformait en zombie quiconque inhalait son museau [il en avait conclu que ladite relique devait sans doute être sculptée en statue évoquant un animal avec un museau... Oui, cela laissait un chant très vaste à l'imagination]… Une prochaine thèse pour la guilde des magiciens commençait à apparaître devant lui. Evidemment, il restait encore à localiser la relique mais savoir qu’elle existait rendait déjà la tâche plus aisée…

- Une petite bière et que ça saute ! dit-en bondissant sur une des chaises hautes disposées devant le comptoir. Et il éclata d’un rire tonitruant, une main passée dans ses cheveux si fins et d’un rose tellement pâle.

Une grande partie des clients abonnés à l'auberge se retournèrent pour connaître l'origine de tout ce bruit. Y comprit, à quelques mètres de lui, une jeune fille aux cheveux couleur chocolat...


Jeu 25 Fév 2010 23:33
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Proverbe de la Congrégation de l'Ombre : "On trouve toujours de l'épouvante en soi, il suffit de chercher assez profond..."
Thanaël Aroëndil
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
Un rayon de soleil qui passait par la fenêtre tira Thanaël de son sommeil, lequel ne tarda pas à se lever. Au peu de lumière qui régnait dans la pièce, l'heure était encore bien matinale; à priori peu après l'aube. Bien sûr, Lunargent n'était pas dans la chambre. Si les gens ne trouvaient pas si étrange qu'il soit accompagné d'un loup - après tout il y a autant de pouvoirs en Aither qu'il y a de gens, alors pourquoi pas? - sa présence à l'intérieur même des bâtiments était rarement tolérée et mettait les gens mal à l'aise. Aussi restait-il dehors lorsque Thanaël couchait dans une auberge, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ce qui surprit le demi-elfe fut de ne pas le sentir à proximité mais à deux ou trois kilomètres au nord-est.

Alors, la chasse est bonne?
Je n'aime pas cet endroit. Trop de plaine, pas assez d'arbres. Pas assez d'endroits ou se cacher.
Il doit quand même y avoir de quoi manger.
J'ai attrapé un lapin tout à l'heure. Mais depuis, rien du tout.
Continue à chercher.


Quelqu'un avait apporté un broc d'eau et une cuvette pour la toilette alors que Thanaël dormait encore, aussi procéda-t-il à une rapide toilette avant d'aller chercher son nécessaire de rasage et de débarrasser son visage de sa barbe de trois jours. Suite à quoi il mit un peu d'ordre dans ses cheveux avant de les tirer en arrière et de les attacher au niveau de la nuque, puis s'habilla, passa le poignard de son père à sa ceinture et descendit prendre un petit déjeuner dans la grande salle de l'auberge.

Celle-ci était quasiment vide. Normal au vu de l'heure, se dit-il. Il se dirigea vers le comptoir, derrière lequel l'aubergiste se livrait au rituel sociale des aubergistes, ce geste qui démarquait généralement un bon aubergiste d'un mauvais : le nettoyage de verres.

- Bien le bonjour. Que puis-je pour vous?, demanda l'homme, quittant son verre des yeux.
- Un bol de gruau au miel, du pain chaud si possible, un peu de beurre, du fromage et du jambon fumé. Et une chope de bière, s'il vous plaît.

Thanaël n'était pas un grand adepte de la bière le matin, mais le lait prenait un arrière-goût peu agréable quand il accompagnait ce qu'il venait de commander.
Il alla s'asseoir à une table de la quelle il avait une vue globale de la salle, dans la quelle ne se trouvaient que deux villageois et une jeune femme visiblement pas du village, au vu de son manteau de voyage. Quelque chose semblait la tarauder, aussi Thanaël tendit-il son esprit vers elle, mêlant son Art et son Vif. Il y sentit de l'indignation, de la colère et une pointe de peur. Il n'alla pas plus loin : tout intrusion par l'Art se ferait immédiatement sentir. Le demi-elfe se prit à imaginer ce qui pouvait la mettre dans un tel état de si bonne heure. Peut-être avait-elle surprit un amant dans les bras d'une autre? Ou bien elle s'était disputée avec un parent?

Ou peut-être qu'elle a perdu quelque chose?
Qu'est-ce qui te fait dire ça?
Il y a une caravane de marchands non loin du village. Et ils ont l'air bien agités. Et ta demoiselle porte un manteau de voyage.
Rien ne te dit qu'elle est avec eux.
C'est vrai.


- Une petite bière et que ça saute !

C'était un jeune homme aux cheveux rose pâle qui venait de bondir sur l'une des chaises hautes devant le comptoir. Il éclata ensuite de rire.

Fou.
Tu l'as dit...


La matinée promettait d'être intéressante.


Dim 28 Fév 2010 15:51
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Dicton des Chevaliers de l'Ordre : "Un coup d'épée est toujours la meilleure solution pour couper court à une discussion ennuyeuse."
Elian Elddir
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
Tout le monde connaissait son nom. Mais personne ne s'en souciait. Il avait de multiple noms, surnoms, et répondait sans difficulté à n'importe lequel d'entre eux. Mais depuis quelques années le peu de bonne humeur joviale issue de sa prime jeunesse avait commencé à ronger ses dernières réserves de graisse. Ainsi donc il ne réservait ses sourires qu'à sa chère femme, laquelle ne lui rendait pas toujours la monnaie de sa pièce. Tout dépendait du revenu de la journée. Tandis qu'il essuyait les verres il regarda le jeune homme qui venait de s'assoir au bar pile en face de lui, un grand sourire aux lèvres, l'air à moitié dans la lune et pourtant très au courant de ce qui se passait autour de lui. À vrai dire il ne se passait rien mais c'est une vision de l'esprit, vous l'aurez compris.

Ainsi donc aujourd'hui il ne se sentait pas d'humeur à être dérangé par des gens joyeux. Les gens joyeux parlent fort, rient bien trop et donnent mal à la tête à tout ceux qui ne partagent pas leur joie. Pour combler le tout ils sont tellement joyeux qu'ils ne comprennent pas pourquoi on ne partage pas leur point de vue et continuent de rire, ce qui empire les choses. Bref, tandis qu'il frottait avec force une carafe déjà sèche depuis quelques minutes, il sentit l'appel de l'alcool fort. Celui qui était caché dans le fond d'un des tiroirs de sa chambre ferait parfaitement l'affaire.

*Il y a trop d'étrangers aujourd'hui. Qu'est-ce qu'ils ont tous à s'arrêter à mon auberge alors qu'il y a un village bien plus grand et plus attirant à quelques kilomètres d'ici ? Un étranger parfois ça va, mais toute une tripotée non merci. Ça doit être cette bande de nomades qui les attire. Vivement qu'ils partent. Je suis sûr que le demoiselle en est une. Elle respire l'encens et les trucs de gitans.*

La salle n'était pas très remplie. Quelques habitués s'étant levés de bon matin, des fermiers qui prenaient une petite pause tant qu'ils étaient encore dans les alentours du village, et ces trois zigotos.
Il jeta un dernier regard ambigu et surtout mécontent vers le nouvel arrivant tout de rose chevelu. Ces derniers temps tenir le rôle de tavernier n'était plus de son goût. Il préférait passer ses soirées aux fourneaux, loin de l'agitation de la salle. Il laissait les deux jeunes s'occuper du bar.
D'un geste las il remplit un verre du breuvage désiré et la tendit à l'énergumène qui lui faisait face. Au moins en buvant il arrêterai de lui sourire bêtement en regardant un peu partout en même temps. Il jeta son torchon par dessus son épaule et parti d'un pas lourd vers l'étage supérieur.

"Tu prendras la note des trois, là.", ajouta-t-il à l'intention de son apprenti, en lui mettant dans le creux de la main les deux autres commandes.

Elian baissa les yeux sur les deux bouts de papier. Des étrangers. À peine sorti des cuisines, il repartit en sens inverse. La porte battante ne fit qu'un flop, ce n'était pas encore l'heure de réveiller la patronne. La nuit dernière avait été plutôt fatigante. Elle s'était mise en tête de faire un plat fort difficile, mais vu la saison, c'était du suicide culinaire. Elle y avait laissé une grosse part d'énergie. Résultat, Elian se retrouvait tout seul pour le service du lendemain matin. Comme prévu son maître aurait tenté, sans succès, de faire tourner le bar. Il suffisait d'une petite chose hors du scénario et c'en était fini de sa bonne volonté. Le jeune homme avait des doutes quant à sa définition de "bonne" dans ce contexte.
Une dernière louche et c'était bon. D'un pas fluide il sortit à reculons des cuisines, un plateau et quatre assiettes sur un plateau. S'arrêtant au bar il rajouta deux verres, l'un de bière, l'autre de lait, et repartit vers la salle ou il déposa avec rapidité les assiettes là où elles étaient attendues.

"N'oubliez pas de passer au bar avant de partir."

Il leur avait lancé à tous deux un sourire malicieux et était reparti. Pas le temps de détailler en long et en large la nouvelle arrivante. Pas la peine se poser de questions à son sujet. La caravane au sud du village près de la route avait attiré l'attention de nombreux villageois. Et certains ne voyaient pas ça d'un très bon œil. Ils n'avaient d'habitude rien contre les marchands, mais d'habitude ceux-ci restaient bien moins longtemps et ne transportaient pas de gens du spectacle ; enfin c'est ce que disaient les rumeurs que les jeunes filles du village, qui venaient prendre une boisson dans l'après-midi se racontaient, juste après celles sur Staran le bellâtre du village, et juste avant la petite Ania qui s'était encore cassé le bras en tombant d'une branche.

Il passa un coup de chiffon sur un coin de table. Anaë s'occupait des centres de table, lui des coins. Un petit jeu malicieux et sans prétentions ; on s'amuse avec ce qu'on a, n'est-ce pas... Rejoignant le bar, il entreprit de vérifier robinets de boisson, prépara quelques verres à l'avance, lava les derniers verres sales. Il avait anticipé l'éventuelle venue d'autres voyageurs de la caravane, mais il y avait peu de chance qu'ils arrivent un jour. Il attrapa la choppe déjà vide du jeune homme aux cheveux roses qui lui faisait face et lui rendit son sourire.

"Je vous ressers ?


Mar 2 Mar 2010 17:10
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Proverbe Pirate : "Toutes les routes mènent au Rhum."
Kyrie Terrevermeille
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
Une foule d'émotions emplissait le coeur de Kyrie. De l'angoisse, de l'excitation, de la peur, de la crainte, de la curiosité, une humeur aventureuse, une pointe de passion, tout cela et d'autres se mêlait en une désagréable sensation moite. Elle respira et tenta de reléguer ce sentiment dans un coin de son esprit. Elle avait une mission à accomplir, et si elle voulait rentrer, elle ferait mieux de se dépêcher.
Alors qu'elle était à ses réflexions, elle sentit une chatouille, un picotement étrange dans un coin de son crâne. Cette sensation, anodine pour certaines personnes, la gela. Un individu lambda n'aurait sûrement rien remarqué. Comme une plume qui frôle la surface immobile d'un lac. Mais ce lac, la jeune marchande y était plus que sensible : c'était son domaine, son gagne-pain parfois. L'âme. Quelqu'un venait d'effleurer son esprit. Ce n'était pas une intrusion, ni une agression, mais on l'avait frôlée. Quelle impolitesse ! Elle au moins, se faisait payer pour cela, les gens étaient d'accord !
La diseuse de bonne aventure fronça légèrement les sourcils. Cette personne devait être dans la salle. Qui ? Ces fermiers ? Non, bien trop absorbés par leur boisson et à leur blagues déjà graveleuses pour une si bonne heure. L'aubergiste ? Non, il avait disparu d'un pas pesant à l'étage. Restait...cet huluberlu qui ne lui disait rien qui vaille et l'autre, un étranger sûrement. Et l'aide du tenancier. Son regard revint furtivement vers l'homme aux cheveux roses pâles. Il lui faisait froid dans le dos, et n'aimerait pas avoir à sonder son esprit... Toutefois, il le faudrait bien.

Plongée dans ses pensées, elle n'avait pas vu le commis s'approcher avec sa commande. Elle marmonna un vague merci, et se promis que oui, elle ne manquerait pas de passer au bar avant de partir. Elle était là pour ça, que Diable !! De la pointe du couteau, elle traça un signe sur la croûte du pain, et coupa une tranche. La mie était blanche, belle et moelleuse. Cela la fit saliver. Elle étala une couche de miel et mordit à pleines dents dedans. Le goût sucré du miel s'alliait parfaitement avec les parfums de céréale du pain. Kyrie ne mangeait pas toujours de pain frais, et cela la consola un peu de ce désastreux début de journée. Elle but sans bruit une partie du lait de chèvre. Les autres buvaient de la bière... Comment pouvait-on boire de l'alcool de si bon matin ? Ces sédentaires n'étaient décidément pas fréquentables.
Ce fut au tour de la pomme de passer au fil de la lame, rejoint par une lamelle de viande fumée. Le sucré-salé était parfait.
Une fois que tout fut avalé, qu'il ne resta plus que les miettes sur le plateau, la jeune femme reposa le couteau, épousseta ses vêtements et se leva. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

Elle se dirigea d'un pas sûr vers le comptoir. Là, elle ne résista pas à la tentation de demander une autre miche de pain frais, pour la route. Oh bien sûr, elle possédait déjà des provisions dans ses fontes, mais le pain avait déjà quelques jours.


_Dites, il y a beaucoup d'étrangers qui sont passés par là ces-derniers jours ? Notamment un petit groupe, deux ou trois personnes. Oh ils ne voyageaient peut-être pas ensembles...
Le commis fit tinter les grelots de son couvre-chef.
_Vous cherchez quelqu'un en particulier ?
_Non, pas vraiment. Ou alors, des étrangers qui seraient partis très, très tôt ce matin, voyez ? ... Ou n'importe quoi d'ailleurs, vous n'auriez pas un ragot un peu étrange à me raconter, quelque chose qui sorte de l'ordinaire ...

Elle ne voulait pas trop attirer l'attention, mais dans le même temps, difficile d'obtenir des résultats concrets en faisant mille détours. Elle mit la main à la bourse, en sortit plusieurs Hyriths de cuivre, un peu plus qu'il n'en fallut pour une simple miche de pain, ayant payé son plateau d'avance. Là encore, elle employa la vieille technique du "oups-j'effleure-votre-main-en-vous-tendant-la-monnaie-mais-jvous-jure-j'ai-pas-fait-exprès". Celle qu'elle y vit la surpris. Elle ne put s'empêcher de le regarder dans les yeux, interpellée, murmurant un "Vous êtes forcé d'être là ?" fort étonné. Elle aurait pourtant juré que le jeune homme était un gars du village, un peu excentrique peut-être, mais pas qu'il n'était pas libre, forcé de travailler ici. Elle ne s'attendait pas du tout à ça dans un bled pommé d'Ikari. Des affaires louches, ça il y en avait à Makana, ou des villes plus importantes mais pas ici !!
Cela faillit lui faire oublier son but premier. Elle adressa un sourire un peu forcé au jeune homme, attendant sa rumeur, son indice. Quelque chose, à la fin !!!

Et puis il y avait cet homme à côté d'elle, se balançant légèrement, faisant voleter ses fins cheveux roses, qui décidément, lui semblait bien la chose la plus étrange dans les parages ! Comment interroger son esprit sans se faire remarquer ?


[HRP : désolée si c'est un peu court, je ne voulais pas trop PNJiser !]

_________________
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Dim 7 Mar 2010 11:44
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Un chevalier : Vous vous battez pour l'argent, nous nous battons pour l'honneur. Un mercenaire : On se bat toujours pour ce que l'on n'a pas...
Ménandre Tintomarra
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
Ménandre reposa son verre avec force sur le comptoir, se retenant à la dernière seconde de roter bruyamment. Trop attirer l’attention tuait dans l’œuf tout semblant de discrétion futur. Et son arrivée avait déjà été suffisamment ostentatoire. La faute à qui ? D’accord, pas de blâmages collatéraux, il était seul responsable de son manque de discrétion sensée être habituelle, malgré ses cheveux d’un rose cassé.
De toute façon, il avait claqué sa choppe avec assez de force sur le comptoir que pour devenir une nouvelle fois le centre de l’attention. Mais il s’en fichait.

- Tu as un fâcheux problème avec l’alcool. Déclara une voix glaciale à sa gauche.
- Sois un peu conciliant je te prie. Tu sais bien que je ne bois jamais ou très rarement. Seulement quand les occasions valent l’ivresse et la perte de contrôle. Répondit-il en murmure, les yeux fermés.

Loo Wung fit la moue, dubitatif. A ses yeux, Ménandre était un alcoolique qui avait un grave problème avec de nombreuses choses hormis la liqueur distillée ; ses tendances à l’occultisme ; ses attraits pour les lieux malfamés et, le pire de tous, ses délires schizophrènes. Il sortit une pipe de sa bourse, la bourra d’écorces d’oranger, l’alluma d’un doigt tendu et se mit à ingérer la fumée, tirant de longues bouffées. Du coin de l’œil, il avisa un jeune garçon avec un chapeau captieux.

- Serveur en vue, annonça-t-il.
Ménandre acquiesça. Il l’avait déjà remarqué depuis longtemps, au moment même où celui-ci avait franchi la porte battante de la cuisine.
- Je vous ressers demanda-t-il poliment, son visage nappé d’une bonne couche d’hypocrisie souriante.
Le sourire réservé aux clients et ayant pour seul but de renflouer les caisses de la taverne.
Un sourire auquel tout client coulait toujours un sourire mielleux à souhait.

- Evidemment. Une choppe vide est faite pour être remplie et une choppe remplie pour être vidée pas vrai ?
- De mieux en mieux. AL-COO-LI-QUE articula Loo Wung, importun qui venait de se joindre à la conversation.

Ménandre l’ignora superbement et reprit son verre, adressant un bref regard de remerciement au garçon et commanda une omelette pour être plus dans l’esprit du matin. Boire à jeun, n’était jamais recommandé. Ça diminuait la perception du buveur. Or la conversation qui se déroulait à quelques mètres était des plus intéressantes. Apparemment la fille aux cheveux couleur chocolat n’était pas là pour profiter de la cuisine. Elle était à la recherche d’informations. Des informations sur des personnes jugées comme étant mystérieuses. C'est-à-dire à l’allure anormales et ne passant pas inaperçus… Quelqu’un comme…
- Toi. Loo Wung le regardait, un grand sourire sur les lèvres.

Ménandre jura.
Il fallait réagir avant d’être suspecté. La meilleure façon de ne plus l’être étant d’aider la personne en lui fournissant des informations, gratuitement cela allait de soit.

- Si vous voulez jeune demoiselle, il se tourna vers elle. Je me suis fait attaquer sur le chemin par des personnes d’apparence douteuse. Connaître les détails de l’agression vous intéresserait-il ? Pour voir si l’image de mes attaquants corrobore avec celle des personnes que vous recherchez.
Il écarta la chaise sa gauche, obligeant ainsi Loo à changer de place, pour inviter la jeune femme à s’asseoir. Il espérait de part son témoignage remonter à un niveau inaccessible aux soupçons. Bien qu'il s'apprêtait à lui mentir du début à la fin, doutant sérieusement que cette délicate femme poursuive des non-morts.
Elle s'assit avec grâce à ses côtés lui décochant un sourire à fendre le stoicisme.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis à la recherche de quelqu'un ?
- Le fait que voys ayez demandé des informations au serveur n'est pas une preuve assez conséquente ?
Un soupçon de surprise teinta son sourire éclatant.
- Malheureusement poursuivit-elle, je n'ai aucune description à aposer à mes voleurs. Et vous, vos agresseurs ? Pas de séquelles j'espère...
- Aucunement. Ils n'étaient pas très résistants. Mais soyez sans crainte je les ai seulement assommés. A l’heure qu’il est ils sont sans doute à des kilomètres d’ici. J’avoue m’être fait surprendre comme un débutant. Ils m’attendaient au tournant du chemin, tapis dans l’ombre, immobiles. Les réflexes d’un voleur. Assuré de mon insouciance, ils ont surgi tels des esprits devant mes yeux surpris. Mais n’ayez crainte ! Je me suis repris et les ai matés ! Ils avaient beau manier le poignard de façon plus que correcte. Ils n’ont malheureusement pour eux pas fait long feu devant la dextérité avec laquelle je manie mon arme ! Enfin bon, il faut dire ce qui est, l’un deux tenait également un sac sans doute habité par un larcin antérieur au dépouillage qu’ils s’apprêtaient à commettre sur ma personne. Enfin, toujours est-il que le dénouement c’est bien déroulé pour moi. Aucune égratignure, même pas une légère ecchymose, aucun mort. Juste une petite chose peut-être que ma curiosité ne pas m’a pas enjointe à poursuivre : aller voir ce qu’ils trimballaient avec eux sans doute. Enfin, personne n’est parfait et l’erreur est humaine, comme on dit. Et puis je dois avouer que sur le moment, ça ne m’a pas semblé plus judicieux que cela. J’aurais été la cible d’une nouvelle poursuite. Ils m’auraient sans doute pisté jusqu’ici pour récupérer leur bien et j’ai tendance à essayer d’éviter au maximum les combats redondants. Alors, mon histoire vous convient-elle ?
Du coin de l'oeil, il vit Loo Wung lever les yeux au ciel. A trop en faire, on finit par se trahir soi-même et dans le cas de Ménandre reconnaissons. La vantardise fausse nonobstant à peine feinte pour ponctuer l'histoire lui donnait un caractère pitoyable évoquant une histoire à deux hyriths, contée au coin d'un feu par ennui sidéral. Quel amateur tout de même !

La jeune fille lui sourit et posa sa main sur la sienne. S'apprêtant à parler, elle sembla se raviser...
Le garçon, discrètement debout derrière eux les observait à l'instar d'un homme attablé à une table voisine.

[Sorry Elo mais c'était impératif de te Pnjser de la sorte pour enrôler Thana dans la traque des voleurs ^^']


Ven 30 Avr 2010 09:39
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Proverbe nain : "Nain qui roule, commande une mousse."
Thanaël Aroëndil
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
La chance. En règle générale, Thanaël n'était pas du genre particulièrement chanceux. Ou plutôt : sa chance avait tendance à le servir quand il en avait particulièrement besoin, comme par exemple en cas de danger de mort, et à l'abandonner le reste du temps, comme si elle avait des quotas à respecter et à tenir. D'un autre côté le demi-elfe n'était pas non plus des plus malchanceux ; il avait vu des hommes traîner leur infortune comme un boulet et était bien heureux de ne pas être de ceux-là, malgré la malchance qu'il avait eue de naître du mauvais côté des draps. Mais aujourd'hui... aujourd'hui sa chance lui avait souri alors qu'il n'en avait pas besoin. L'homme qu'il était venu traquer en Ikari venait d'entrer dans la même auberge à laquelle il s'était arrêtée alors qu'il aurait pu être n'importe où sur le continent. Et si le côté hautement probable de la situation fit d'abord sourire Thanaël, il ne demeura pas à se ressaisir : il était désormais question de ne pas laisser l'homme lui échapper.

J'ai besoin que tu reviennes.
Quoi?
Reviens au village. J'ai besoin de toi pour surveiller quelqu'un.


Thanaël fit en même temps parvenir à Lunargent une image mentale de Ménandre.

Je l'ai déjà vu.
Pardon?
L'homme-à-poils-roses. Je l'ai vu ce matin. Il a combattu deux autres humains et les a fait disparaître.


Les images parvinrent à Thanaël en même temps que les mots. C'était vague et indistinct, mais un homme a cheveux roses faisait bel et bien disparaître deux autres hommes après les avoir touchés. Si Thanaël était déjà certain d'être tombé sur l'homme qu'il cherchait, il en avait une preuve de plus. Et maintenant il avait la conviction qu'arrêter un tel homme était nécessaire. De tels pouvoirs... Faire disparaître quelqu'un pouvait relever de l'illusion, de l'invisibilité. Mais dans le cas de Ménandre, c'était une disparition physique, comme une téléportation. Seulement il n'y avait aucun moyen d'être sûr que les victimes réapparaissaient bel et bien sur la terre ferme, ou pire, qu'elles réapparaissaient tout court. Aussi était-il impératif pour le bien d'Aïther d'arrêter un tel homme.

Il ne fait pas le laisser filer, Lunargent. J'ai vraiment besoin de toi.
Très bien. J'arrive.
Merci.

Parfait. Avec Lunargent dans les parages, Ménandre ne pourrait pas s'éclipser si jamais il avait le moindre doute sur l'identité et la mission de Thanaël. Et maintenant il allait devoir la jouer fine. Il ne pouvait pas arrêter l'homme aux cheveux roses comme ça. Il lui fallait le prendre sur le fait, le voir employer ses pouvoirs. Il devait donc trouver un moyen de le suivre sans éveiller les soupçons. Et justement, la jeune femme en manteau rouge avait l'air de chercher quelque chose.

Y voyant une opportunité, le demi-elfe tendit l'oreille, se concentrant sur la discussion entre sa cible et la jeune femme. Et ce qu'il entendit ne collait pas du tout avec ce que Lunargent lui avait raconté. Ménandre mentait donc... et tendait ainsi sans le savoir la perche à Thanaël. Il avait donc une occasion. Et pour la saisir, il devait mettre la jeune femme au parfum. Il n'aimait pas cela, mais il n'avait pas vraiment le choix. Tendant donc son esprit vers elle, il s'appliqua a pénétrer son esprit de la manière la moins brutale possible, afin de ne pas provoquer de réaction physique comme un sursaut ou un frisson visible, histoire d'éviter d'éveiller le moindre soupçon chez Ménandre. Et lorsqu'il fut certain d'être en contact avec elle, il l'artisa.

Ne paniquez pas. Je n'ai accès a aucune autre partie de votre esprit sinon celle qui vous permet de comprendre ce que je dis. Je dois vous parler. Rejoignez-moi à l'extérieur de l'auberge, près de l'entrée du vilage, dès que vous le pourrez.

Sur quoi il se leva, paya son petit-déjeuner et quitta l'auberge.


Ven 18 Juin 2010 09:44
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Proverbe Poring : "La pomme ne tombe pas loin de l'arbre."
Elian Elddir
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
[ Je vais vous faire part de mon impression du moment : je crois qu'on s'éparpille xD À la base Kyky doit quand même enrôler les personnages pour sa mission et aider Elian à quitter l'auberge, et si Thanaël s'en va de son côté et Ménandre raconte des histoires, on est pas sortis (de l'auberge). Enfin, on va dire que c'était une introduction améliorée, mais va falloir passer à l'action :'D Et si on veut éviter 4 scénarios en un, je propose un conciliabule à part, histoire d'accorder nos violons (le travail d'équipe en solo ça marche jamais u_u) o// ]

Idelma s'était levée tôt aujourd'hui. Comme tous les jours à vrai dire, car il fallait s'occuper de ce champs. Et on ne saurait se passer de bras supplémentaires. Tandis que son mari, qui avait veillé tard, dormait encore d'un sommeil de plomb, ses trois fils et elle passaient entre les pousses de blé. Elle les entendait rire et se chahuter. Elle se mit à sourire, repensant à l'époque bénie où elle avait leur âge, lorsqu'elle courait en riant dans les prairies en été avec son chien tout juste né et ses cousines de l'ouest.
Elle passait le long de la route, arrachant des feuilles desséchées. Ce n'était pas encore l'été, et une brume douceâtre s'était abattue de bon matin sur la colline, rendant le paysage plutôt inaccessible à la vision. Elle avait envie de rentrer chez elle, se faire une boisson chaude et de s'endormir sur un fauteuil près d'un feu ronflant.
La fermière s'arrêta bien vite de marcher lorsqu'elle entendit du bruit en contrebas. Quelqu'un courait... non, quelque chose. scratch scratch scratch C'était un animal, mais qu'est-ce qui pouvait donc bien le faire courir ainsi. Rapide comme le vent, elle vit passer une forme sombre sur la route du Nord. On aurait dit un grand chien gris.
Ses fils continuaient de rire au loin.

***

Elian ne s'intéressait pas aux histoires. Pas beaucoup... surtout celles dont il n'existait pas de preuves. Le torchon dans la main gauche, une assiette dans la main droite, il posa cette dernière sur le comptoir en face de l'homme aux cheveux roses alors qu'il terminait de raconter ses dernières aventures. Du contenu ou du ton de sa voix, Elian n'aurait su dire lequel n'était que comédie. Après ses premiers mots il s'était éclipsé dans la cuisine préparer cette fameuse assiette.
Il avait prit bien plus de temps que nécessaire. Seul dans la salle aux senteurs multiples, il s'était appuyé contre la table centrale, les épaules abaissées et les yeux fermés. Une odeur d'ail lui titillait le nez, mais c'était bien là le dernier de ses soucis. Vous êtes forcés d'être là ? La question résonnait encore dans sa tête, comme si on la lui avait posé réellement dans sa tête. Il n'avait pas pu s'empêcher de la regarder avec surprise lorsqu'elle lui avait parlé, lorsqu'elle l'avait touché. Quelle étrange jeune femme. On racontait souvent des histoires sur les caravanes de nomades, mi marchands mi bohèmes, faisant commerce de leurs dons. On n'imagine pas quand ça nous tombe dessus.
"Oui je suis obligé d'être là. Vous avez mieux à me proposer dans ce village perdu ?", chuchota-t-il alors que ses mains commençaient à trembler. Il ferma à nouveau les yeux. Il est temps de se reprendre, mon ami. D'un geste habile il attrapa deux oeufs et les cassa dans une assiette creuse.

***

On entendit un BONK au plafond et la rumeur déjà fort peu audible qui régnait dans la grande salle disparu. Les têtes se levèrent, les couverts se posèrent. On attendait que quelque chose se passe. Peine perdue.
Elian se remit à essuyer le vert de l'homme aux cheveux roses, qui avait finalement terminé sa bière et était passé à son omelette, accompagnée d'un verre de vin rouge. Il ne disait plus rien. La fin de son histoire, sur laquelle Elian était arrivé porteur de sa pitance, n'était pas vraiment mieux que son commencement, aussi le jeune homme ne fit-il pas grand cas des intentions de son client si excentrique.
Leur troisième visiteur, quant à lui, s'était éclipsé en douce, laissant sur le bar de quoi payer son repas. De mémoire, ses affaires étaient encore dans la chambre. Oui il y avait même un chapeau de feutre agrémenté d'une plume d'aigle qu'Elian s'était juré d'examiner de plus près dans les jours à venir.
Appuyé contre un tonneau, il observait la jeune femme, qui n'avait plus personne à qui parler. Elle sembla troublée un instant, prit des airs sérieux, fronça plusieurs fois les sourcils, puis fini par s'apaiser et se tourner vers lui pour demander un petit verre d'eau.

Il posa le verre en face d'elle. Elle l'attrapa, mais il laissa sa main sur le pied. Il l'observa quelques secondes. Que cherchait-elle dans ce coin paumé ? Il faut vraiment être dépassé par les évènements pour venir demander à un bande de fermiers du coin s'il ont pas vu des étrangers dernièrement. Si, si, même qu'ils sont juste en face de moi. D'autant que les histoires de vol, ça n'intéresse pas des masses les gens. Ici c'est tranquille, on cherche pas les ennuis.

Il lança un regard à l'homme qui mangeait son omelette comme si c'était la dernière merveille culinaire du siècle, puis revint à la jeune femme, qui se trouvait à quelques centimètres de lui. Il se rapprocha encore, frôla sa joue et enfoui son visage dans sa chevelure abondante. Près de son oreille il put sentir des odeurs d'encens et d'épices, piquantes et sucrées.

"Je vous aiderai à trouver vos étrangers si vous me faites quitter cette auberge avant la mi-journée."

Il se recula. L'homme leur jeta un regard bref et continua de se bâfrer. Elian lui resservi un verre de vin puis repartit dans les cuisine chercher une miche de pain frais.


Mer 7 Juil 2010 17:03
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Proverbe Elfe : "Le malheur des nains fait le bonheur des autres."
Kyrie Terrevermeille
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» Re: Jeune marchande en détresse cherche aventurier débrouillard
[hrp : bon les enfants, jvous préviens, c'est fouilli, et la narration est plutôt lourde. Enfin faut bien rattraper tous les bouts de l'histoire. Je pense que Pitru devrait poster ensuite, pour rattacher l'histoire de Nath'...enfin le truc que vous avez prévu è_é Et pour Thalek, rien d'héroïque dans ta délivrance, mais j'ai manipulé honteusement l'aubergiste, et mieux encore, TU M'APPARTIENS ! xD Hem sur ce, je vous laisse dans les méandres de mon RP tordu.]

Kyrie avait écouté avec une patience polie l'épopée de son interlocuteur aux cheveux roses. Mais en son for intérieur, elle aurait donné cher pour ne pas avoir à fréquenter un pareil individu. Elle était honnête, avait ses principes, et ce type de bougre ne collait pas du tous aux critères de ses fréquentations. Il lui donnait froid dans le dos. De plus, son témoignage ne lui était pas d'une grande utilité. Elle ne savait pas à quoi ressemblaient ses voleurs. Ni comment les retrouver. Pourtant, il faudrait bien. Un de ses agresseurs tenait un sac, la belle affaire ! Un voyageur avec un sac, merveilleux ! De toutes manières, il ne fallait être une lumière pour boire de la bière dès le matin dans un trou perdu.
Mais malgré tout, elle sourit, tout sucre tout miel, et posa sa main fraîche sur celle de son voisin.
Les images défilèrent, et elle avait du mal à les comprendre. Le contexte lui manquait. Toutefois, elle arriva rapidement à la scène dont il parlait. Et, de manière très fugace, elle l'aperçut : sur le sac en toile de jute était imprimé des armoiries. C'était cela.
Mais elle ne comprit pas la scène qui suivit, ni où étaient passés les agresseurs. Toutes ces images n'avaient aucun sens. Sentant qu'elle ne comprenait plus, qu'elle allait suffoquer, elle sortit rapidement de l'esprit tordu et nébuleux de son interlocuteur.


_Mais, dites moi, vous sauriez me dire dans quelle direction ils sont allés ? Comment les retrouver ?

Toutefois, alors que cette conversation allait se poursuivre, à nouveau, cette sensation glacée effleura son esprit, et ce fut la voix d'un homme, enfin, pas vraiment la voix, mais...ah...on communiquait avec elle. Comme c'était étrange...elle avait l'habitude de pénétrer l'esprit des gens. Les vieux de sa caravane lui avait toujours dit qu'un jour, si elle était assez sage et qu'elle arrivait à domestiquer assez son pouvoir, elle arriverait à parler, peut-être même à influencer les âmes qu'elle investissait.
Mais là, clairement, quelqu'un lui parlait. C'était bien la première fois. Cependant, après un léger trouble qui ne parut pas sur son visage, elle fut vite rassurée par les paroles de l'inconnu. Elle sentait en effet qu'il ne lisait pas son esprit comme elle le faisait avec les gens. C'était, quelque part, réconfortant, aussi fut-elle plus encline à faire confiance aux mots prononcés.
Peut-être était-ce une erreur. Peut-être était-ce un envoûtement. Une jeune femme voyageant seule n'était jamais en sécurité. Une gitane encore moins. Elle ne faisait pas confiance aux gens qui n'étaient pas de la caravane. Mais bon, elle verrait bien. Dans le pire des cas, elle avait son couteau. Elle laissa échapper un léger soupir de lassitude : cette histoire commençait à lui peser, et son état d'esprit était plutôt défaitiste.
L'homme qui avait communiqué avec elle devait être ce gars qui venait de quitter l'auberge. Bon, au moins, il n'avait pas une tête de brigand, ni de fou à lier comme l'homme aux cheveux roses qui était toujours en face d'elle.
Elle détourna les yeux, et réfléchit, le regard fixé sur le comptoir au bois gravé et patiné.
Il y avait également ce garçon étrange, ce jeune aide de l'auberge qui semblait ne pas être libre d'aller comme bon lui semblait. Décidément, la vie, aujourd'hui, apparaissait compliquée.
Dans son esprit, elle essayait de mettre de l'ordre dans tout cela. Et le temps filait. Quel casse-tête !
Mais la matinée ne faisait que commencer en péripéties en tout genre. Le serveur, auquel elle ne prêtait plus attention puisqu'il faisait des allers-venues, et dont elle n'avait pas remarqué l'étrange manège qu'il menait, à l'observer, lui apporta un dernier verre d'eau pour qu'elle se rafraichisse les idées. Mais en lui apportant, il garda obstinément le verre dans sa main, et la regarda.
La bohémienne fronça les sourcils. Pis encore, elle ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul quand le jeune homme frôla sa joue et glissa près de son oreille, enfouie dans ses cheveux, quelques mots.
Un échange. C'était un troc, oui ! Des informations contre sa liberté.
Kyrie suivit du regard l'étrange garçon alors qu'il regagnait la cuisine. Mais dans ses yeux, il y avait déjà une certaine détermination. C'était intéressant, il lui faisait moins peur que l'individu vulgaire aux cheveux roses. Et elle savait déjà comment s'y prendre. Lorsqu'il revint en salle, elle lui demanda avec un petit sourire énigmatique :


_Je veux parler à votre patron.

Pas de coup de force pour délivrer la princesse du dragon, mais une savante négociation. Le marchandage, c'était sa spécialité.
Le jeune homme approuva, et alla trouver le tenancier à l'étage. Ce dernier redescendit, la démarche peu sûre, et l'haleine chargée de spiritueux, l'œil vitreux, mais exprimant clairement sa question : "kesskellmveuxladonzelle?"
Kyrie l'entraina dans un coin de la salle, à l'abri des oreilles indiscrètes, et même discrètes. Elle avait déjà lu son esprit quelques minutes auparavant, alors qu'elle entrait dans l'auberge. Au premier abord, ce qu'elle y avait vu ne lui avait pas semblé important. Mais maintenant, cela était très précieux. L'information était une marchandise qui pouvait se vendre à très bon prix.
La jeune femme n'était pas du genre à faire de grands discours, aussi alla-t-elle droit au but.


_J'ai un marché à vous proposer. Entre commerçants, nous allons vite nous mettre d'accord.
_Je ne vois pas skeuuu jpourrais avoir à faire avec une gitane ! Z'êtes pas fiable en affaire vous les bohémiens !
_Allons, ne vous énervez pas. Je sais des choses. Vous buvez, en cachette de votre épouse. Une bouteille, dans le double-fond d'un tiroir. Mais cela, ce n'est pas difficile à deviner, à votre teint couperosé et votre haleine. Vous buvez parce qu'il y a des choses dont vous n'êtes pas fier. Vous n'avez pas toujours été aubergiste ici. C'est une histoire avec de très jeunes enfants...

L'aubergiste blêmit. Kyrie n'était en réalité pas au courant des détails de ce qu'elle avait vu, puisque ce n'était pas cela qu'elle cherchait lorsqu'elle avait sondé l'esprit de l'aubergiste, mais cette histoire était omniprésente et semblait le hanter.

_Vous ne répondez toujours rien ? Peut-être devrai-je parler plus avant ? C’était bien avant de devenir aubergiste dans ce trou perdu. Vous n’êtes, d’ailleurs, pas originaire d’ici. Alors quel sain d’esprit voudrait s’y installer ? Quelqu’un qui voudrait s’y faire oublier…Non, toujours rien ? Sur le chemin, entre Makana et ce village, il y avait une grande demeure…Un jardin luxurieux, dans lequel jouait les enfants, et Madame, Madame dans sa belle robe rouge…

Le tenancier se mit à trembler, et saisit vivement le poignet de la marchande. Dans la poitrine de Kyrie, son cœur battait soudain la chamade. Avait-elle mal jugé l’aubergiste ? Avait-elle mal compris les images ? Serait-il capable de violence ? Mais celui-ci se contenta de balbutier, le souffle court :

_Vous êtes venu les venger ? C’est ça ? Oiseau de malheur !
Et Kyrie, très calmement, lui répondit de la façon la plus naturelle :
_Bien sûr que non ; je viens vous faire chanter.

Son visage se décomposa un peu plus, cependant dans ses yeux, il semblait rasséréné. Ce ne serait pas aujourd’hui qu’on prendrait sa vie. Kyrie poursuivit, approchant du but :

_ Votre femme était la fille de l’aubergiste de ce village. Vous l’avez épousée, et le tavernier léga à son gendre l’auberge du Nouveau Venu…un nom qui vous va à merveille, n’est-ce pas ? Vous avez toujours été honnête, plein de scrupules… Mais je ne suis pas sûre que les villageois continuent à venir s’ils savaient… Tout comme le gouvernement… Vous vous êtes efforcés de vous racheter une conduite, mais tout de même !
_Que voulez-vous ? J’ai peu d’argent mais, je peux vous obtenir des tarifs préférentiels pour votre caravane, et des accords, et des…
_Pas de ce pain là, aubergiste. Je veux votre jeune aide.

L’aubergiste sembla plus que surpris, et resta un instant hébété.

_Allons, allons, un peu de commerce d’humains ne vous a pas rebuté pourtant…
_Mais pourquoi lui ?
_Il est jeune, un peu excentrique mais pas désagréable… On lui trouvera une utilité, nous les gens du voyage, aussi roumi soit il.
_Mais…
_Il n’est plus temps de discuter aubergiste, je le veux. Vous achetez mon silence, et payez en chair fraîche. Allons.

Et Kyrie lui tendit la main. Le patron hésita, puis serra la main de la marchande dans sa pogne. La jeune femme retint son esprit d’envahir l’âme tourmenté du tenancier, et de son autre main, fit un signe au-dessus de la poignée de main, afin de terminer de sceller leur accord.
Satisfaite, elle retourna vers le comptoir, laissant là l’homme abasourdi. Elle interpella le fruit de leur marché, sans crier, toujours avec calme, et une fois que celui-ci se fut rapproché, elle le mit rapidement au courant :


_Vous êtes libre, ou presque. Allez préparer vos effets ; je dois sortir quelques minutes. A mon retour, soyez prêt, j’ai déjà perdu beaucoup de temps.

Sur ce, rajustant son manteau de voyage, elle sortit. L’air était frais, et une matinée grise s’annonçait. L’entrée du village avait-il dit ? Heureusement que le hameau n’était pas grand. Kyrie avait perdu son attitude hésitante, l’impatience l’avait emporté, et elle se dirigea d’un pas énergique vers la silhouette qui patientait, là-bas.

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Mar 20 Juil 2010 15:19
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