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À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)



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 À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia) 
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Cyprès, Mathias
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» À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Depuis le début de leur progression commune, Mathias était parvenu à trois conclusions. Premièrement, les vieilles habitudes avaient la vie dure : il s'était vu plutôt démunis à entretenir une conversation sur le dos de Rixe, domaine de ses réflexions solitaires depuis toujours. Parler lui semblait contre nature et il préférait rester stoïquement concentré sur la route que de se perdre en babillages qui ne manqueraient pas d'être boiteux. Deuxièmement, Meliane était tout sauf une cavalière accomplie comme le démontrait son réflexe plutôt gênant de s'écraser sur lui pour garder la selle, bien qu'il se garda fort de s'en plaindre, et l'odeur subtile de souffrance qui lui parvenait, signe du classique postérieur malmené des novices. Finalement, il retint de ne jamais donner de tour de garde à la jeune fille..Bon sang, elle trouvait même le moyen de s'endormir sur un cheval !

À l'approche de la nuit, le vagabond fut tiré de ses pensées par l'exclamation énergique de sa passagère.

- Mathias, regarde! Ça doit être l'auberge qu'on cherche !


En effet, ils approchaient d'une auberge de campagne, un bâtiment à deux étages fusionné à une étable-écurie et une maisonnette qui devait loger les tenanciers de l'endroit. Le tout semblait bien chaleureux. Heureux d'être enfin arrivé et sentant son estomac commencer à s'auto-digérer, Mathias siffla joyeusement une longue note qui fit passer Rixe du pas au trot, au plus grand malheur de la petite déjà malmenée par la démarche pourtant lente du gros étalon. C'est qu'il avait terriblement hâte de manger, ne serait-ce que de l'avoine pour chevaux !


Arrivant à côté du bâtiment, le grand rouquin remarqua que la peinture était écaillée et que l'ensemble de l'endroit semblait usé, négligé. Il faut dire qu'ils se trouvaient éloignés de tout...la seule chose de particulier dans la région était la petite forêt qui s'étendait non loin, cas rare sur Ikari où les arbres poussaient habituellement dispersés en petits bosquets très espacés. Sans s'arrêter, Mathias dépassa la façade pour pénétrer la grande écurie ou il descendit lestement de sa monture avant d'aider Meliane à faire de même, un air désolé sur le visage face à ses grimaces de douleur fort compréhensibles. Ensuite, le géant se retint de se ruer dans l'établissement et entreprit de libérer Rixe de sa selle avant de le brosser amoureusement quelques minutes sous le regard de sa partenaire de voyage. Il plaça ensuite son compagnon de toujours dans un box entre une vieille vache et un cheval qui faisait peine à voir tant il était rongé par la gale. Une odeur de charbon flottait dans l'air autour du triste animal.


N'y tenant plus, Mathias entraina ensuite vivement la jeune fille avec lui vers le délicieux repas qui les attendait. L'esprit envahi par des images de volaille et de ragout, il fit un pas à l'intérieur de l'auberge avant de comprendre où il venait de mettre les pieds...


La première chose qu'il remarqua fut l'atroce odeur acre qui dégoulinait des lieux et imprégnait absolument tout. L'air goutait la sueur, l'urine et la bière renversée. On aurait dit l'antre d'un fauve qui y serait mort depuis trois jours. Ensuite venait la texture du sol sous ses pieds. Les planches avaient été recouvertes de paille pour absorber les diverses substances qui imprégnaient le sol. Ses bottes s'y enfonçaient avec un bruit mou et humide extrêmement désagréable. Puis, il y avait les clients. Les tables crasseuses de l'endroit étaient envahies par une foule de soudards aussi noirs que des ramoneurs et plus horribles que des lépreux. Ils avaient la barbe longue et grouillante de vermine et les cheveux gras et emmêlés dans un treillis impénétrable. Les loques leur servant de vêtement étaient tâchées de...de tout ce qui pouvait finir sa vie sur un tissu. La plupart d'entre eux buvaient abondamment ou déchiquetaient difficilement du pain noir de leurs chicos brunâtres et branlant, s'ils n'étaient pas en train de se battre ou de chanter des chansons grivoises en postillonnant abondamment. Au comptoir, un gros bonhomme qui semblait étrangement propret lança alors un regard désespéré au nouvel arrivant avant de se fondre en horreur lorsqu'il aperçu Meliane.


C'est à ce moment que le géant remarqua ce qui aurait dû lui sauter aux yeux dès le début...Il n'y avait aucune femme dans la grande salle. C'est alors qu'il les entendit, les cris provenant de l'étage, ponctué d'horribles rires gutturaux.


Le tout se déroula en un bref instant, une simple respiration. Sans dire un mot, Mathias saisit Meliane par le bras et la tira derrière lui dans un geste protecteur...mais c'était trop tard. Ils l'avaient vu...


Mer 13 Jan 2010 19:03
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Proverbe Nain : "Un gobelin de perdu, dix de retrouvés !"
Solen Meliane
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Lorsque Meliane pu enfin descendre de l'immense cheval, se fut pour chanceler, tout le bas du corps engourdi et meurtri par la chevauché. Elle lança un regard rancunier au Mathias invisible qui s'occupait de Rixe dans l'écurie. C'était quoi l'idée de la faire monter sur un cheval de traie? Grognant de douleur, elle s'étira prudemment les muscles.

Après un temps qui lui parut interminable, Mathias sortit de l'auberge, avec a peu près la même expression qu'elle: la hâte. Hah, que dire de l'attrait d'un sol ferme où dormir, d'un bon feu ronflant dans l'âtre, d'un repas chaud et nourrissant et de bonne compagnie? Meliane avait peu d'argent, mais elle avait toujours su subvenir avec son talent en musique. Et un peu d'aide de son Pouvoir si besoin étant.

Elle suivit son ami en bondissant comme une gamine énervée, toute frémissante d'excitation. Il lui en fallait peu à elle pour être énervée en fait. Un repas chaaaaaaaaaaaaaaaud!

Puis Mathias franchit le cadre de la porte, et resta figée là un bon moment. S'impatientant, Meliane gigota autour, tentant de se frayer un espace entre la massive silhouette de l'homme imperturbable et du chambranle, ce qui n'était pas un mince exploit.

- Aller Mathias, pousse-toi, je veux rentrer aussi! se plaignit-elle en se tortillant.

Après quelques secondes de lutte supplémentaire, elle réussit enfin à se glisser dans l'auberge.

Meliane se figea, la bouche ouverte en contemplant le spectacle devant elle. Son visage passa par plusieurs gammes d'émotions et plusieurs teintes, mais se fut finalement le blanc blafard qui domina. Son cœur se mit à battre très vite sous le coup d'une émotion qu'elle n'avait plus connu depuis longtemps alors qu'elle comprenait enfin la nature du spectacle qui s'offrait devant elle: la peur.

Toute tremblante, elle recula d'un bas; mais se retrouva bloquée par la large stature de son ami. Elle eue peine à se retenir sur ses jambes, et était incapable de détourner son regard de la salle.

- Mathias, murmura-t-elle d'une voix frémissante et suraiguë, on devrait peut-être aller coucher quelque part ailleurs finalement.

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Sam 30 Jan 2010 17:22
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Proverbe Nain : "Il faut battre le fer tant qu'il est chaud, et boire la bière tant qu'elle est fraîche."
Cyprès, Mathias
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
- Mathias...on devrait peut-être aller coucher quelque part ailleurs finalement.

Jamais une remarque aussi strictement vraie n'avait pu quitter ses lèvres depuis sa naissance. Pourtant, la mal était déjà fait...Aussitôt que le dernier murmure atteignit l'oreille du vagabond, un silence pesant s'écrasa sur eux de tout son poids. Des regards vides, sinon lubriques, convergèrent vers Meliane jusqu'à ce que près d'une trentaine des affreux fauves se figent, humant son parfum dans l'air vicié de la Trappe de Bedoir. Finalement, l'auberge portait son nom avec une cruelle exactitude...ils étaient piégés.

Lentement, tels des prédateurs, les "clients" se levèrent d'un seul bloc, humectant avidement leurs lèvres craquelées ou s'échangeant chuchotements et œillades, tels des paysans devant l'étal d'un boucher le ferraient pour commenter une pièce de viande. L'un d'eux crachat par terre, visiblement contrarié de voir Mathias. Il se disait certainement qu'il allait devoir abattre l'arbre pour mettre la main sur la pêche. Il n'avait pas tord. Le géant restait figé, Meliane à couvert derrière son large corps. Le dégout, la peur et la colère se lisaient sur ses yeux d'un bleu électrique. Il avait déjà vu des viols...plusieurs fois. Il ne laisserait pas sa sauveuse y passer entre les paumes moites et calleuses de ces bâtards dégénérés.

Le temps semblait gelé. Un duel silencieux avait lieux entre la trentaine de petits hommes rabougris et crasseux et le géant aux larges épaules. Ils étaient plus nombreux...mais il était visiblement le plus fort. Si aucun d'eux n'osait avancer le premier, rien ne se passerait et les deux voyageurs pourraient filer comme le vent. S'il inspirait assez de peur, s'il ne reculait pas, s'il les frappaient suffisamment fort de son regard, leur lâcheté naturelle prendrait le dessus sur leurs pulsions et ils réaliseraient que se frotter à lui risquait de faire mal... Puis, s'ils avaient suffisamment peur, ils oublieraient peut-être que seuls les trois ou quatre premiers pourraient se prendre un coup avant qu'il ne soit engloutis par leur nombre.

Malheureusement, Mathias faillit. Devant les poux qui grouillaient, les dents branlantes et les regards fous de la horde, il détourna subitement les yeux de répulsion pour regarder où en était Meliane. C'est ce moment que choisit celui qui avait craché, un crapaud adipeux et dégarnis, pour lui projeter en hurlant une bouteille de vinasse au visage qui éclata en entaillant profondément la pommette et le sourcil. Aveuglé et souffrant, Mathias reculant à travers la porte en titubant, bousculant Meliane et manquant s'affaler sur le dos à cause de la marche. Il eut à peine le temps de se remettre de cette attaque subite pour voir les soudards jaillir de l'auberge tels des rats d'un égout pour les encercler dans une furie de cris et d'insultes incompréhensibles.

- NON ! Partez ! Foutez le camp ! LAISSEZ NOUS ! Hurla le colosse en pivotant sur lui même en une veine tentative pour protéger sa sauveuse du cercle des agresseurs.


Dim 31 Jan 2010 22:25
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Un proverbe de Taku dit : "Un gobelin seul pourrait faire plus en un an que vingt gobelins en vingt ans..."
Solen Meliane
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Est-ce ainsi qu'on prend enfin conscience de la réalité de la vie? Que tout n'est pas beau, sincère et pur? Que la misère et le malheur humain est plus présent qu'on le pense? Que le cœur des gens n'est jamais totalement pur, et parfois pas du tout...?

Meliane restait figée, incapable de réagir devant tant d'horreur. Comment pouvait-on en arriver ainsi? Pourquoi était-il ainsi? Et puis, lorsqu'elle entendit et saisit malheureusement la nature des bruits provenant du deuxième étage, elle comprit enfin. Comprit pourquoi tous s'étaient tus, pourquoi tous la regardaient, et pourquoi leurs regards luisaient de cupidité, d'envie et de lubricité...

Plusieurs secondes s'étirèrent dans un silence lourd et effrayant. Personne n'osait bouger. Meliane n'avait pas le courage (et la stupidité de les regarder) et les vilains semblaient avoir compris que Mathias était un obstacle à leur objet de convoitise. Une joute silencieuse se déroulait entre le géant et les charbonnier, leurs regards fixé l'un à l'autre en un combat imperturbable.

Meliane, tremblante et pâle comme la mort, leva ses yeux pâles vers Mathias. À ce moment précis, il fit de même et leurs regards se croisèrent. Ce fut une mauvaise idée.

Une bouteille d'alcool explosa au village de Mathias qui poussa un hurlement de réponse. Il recula précipitamment, manque de piétiner Meliane qui se jeta sur le côté. Terrifiée, ne sachant pas comment réagir, elle ne put se relever que lorsqu'elle vit les horribles hommes sortir de l'auberge avec moult cris et gestes obscènes.

Les larmes commençaient à perler aux commissures des paupière de la jeune fille, qui ne savait quoi faire et comment faire. Une petite voix intérieure lui soufflait d'utiliser son pouvoir, mais elle était trop terrorisé pour utiliser le Vouloir et le Verbe, pour chanter de longues et belles strophes incitant le réel à se plier à sa volonté. Pour l'instant, elle ne voyait que les brutes grotesques qui les entouraient, faisant fuser des menaces et des invitations peu recommandables pour une jeune femme de 16 ans.

Peu courageuse, démunie et dépassée, Meliane ne pouvait que se recroqueviller près de Mathias, dans le lâche espoir qu'il pourrait la protéger. Mais les autres étaient trop nombreux, trop déterminés. Mathias hurlait et faisait de grands gestes mais plus les minutes avançaient, plus les soudards s'enhardissaient et osaient s'approcher, manquant de manger quelques bonnes taloches. À un moment donné, Meliane sentie une main poisseuse et crasseuse lui empoigner le bras et à ce contact, tout son être se rebella.

- Lâche-moi! hurla-t-elle d'une voix stridente.

Comme s'il avait touché la foudre, l'homme obéit et chancela de plusieurs pas avant de tomber en arrière, ne comprenant pas trop de ce qui venait de se passer. Malheureusement, cela na suffit pas à rembarrer les plus hardis et l'instant de surprise passé, les hommes encrassés, de plus en plus impatients, avaient de moins en moins de prudence, trop tentés par l'appât du gain. Mais pourtant, alors que les larmes de terreurs coulaient allégrement sur les joue de Meliane, en elle, le Pouvoir s'accumulait rapidement, par coups, près à défendre son utilisatrice.

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Lun 1 Fév 2010 18:15
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Proverbe Gobelin : "Quand tu es poursuivi, l'important n'est pas de courir plus vite que tes poursuivants, mais plus vite que tes potes."
Cyprès, Mathias
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Mathias sentait monter en lui une horrible impression d'angoisse, quelque chose qui n'allait pas sans lui rappeler les secondes qui avaient suivit son réveil brutal à la ferme familiale, des années plus tôt. S'il ne faisait rien, il allait perdre bien plus qu'il n'avait jamais eux depuis sa naissance, la première personne avec qui il partageait vraiment quelque chose de positif, de vrai et de sincère, la seule peut-être.

Entre la panique et la rage, le géant gesticulait en hurlant et frappait dans le vide pour garder à distance les violeurs en puissance qui se serraient autour d'eux. Un bruit assourdi par le tumulte, mais puissant, en provenance de l'écurie laissait croire que Rixe avait flairé le danger et cherchait à sortir de son box à coup de sabot. Une petite note d'espoir, bien que peu réaliste, dans cette atroce joute perdue d'avance...Si seulement il pouvait jaillir de l'écurie, il disperserait ces cafards. Hélas, le temps allait manquer très vite à mesure que les charbonniers s'enhardissaient.

Alors qu'il faisait reculer un jeune pouilleux particulièrement vif, Meliane poussa un cri strident qui le fit se retourner, poings levés. Il n'eut pas le temps de saisir le sens de la réaction de la brute maintenant au sol, puisqu'il se fit subitement sauter dessus par un des soudards à qui il avait tourné le dos. L'homme aux odeurs de pestiféré enserra son cou à l'aide se son avant bras et, ballottant les jambes dans le vide, tenta d'étrangler le colosse de tout son poids.

Stupéfait et terrifié par ce contact abjecte ainsi que la dangereuse pression sur sa gorge, Mathias sentit quelque chose éclater en lui au moment ou il secouait ses larges épaules, essayant de déloger son agresseur. Le mouvement fut d'une violence et d'une vitesse inouïe et l'assaillant se retrouva catapulté parmi ses congénères, en renversant brutalement trois autres qui l'avaient reçu de plein fouet. Ce fut l'étincelle qui mit le feu à la poudrière...

Dans un hurlement de rage, une demi-douzaine de ces monstres vaguement humains chargèrent sur lui alors que les autres salivaient de plus belle en jaugeant les formes de Meliane. Maintenant proprement terrorisé et alimenté par l'énergie du désespoir, Mathias reçu le premier d'un terrifiant uppercut à la poitrine. Le charbonnier leva légèrement de terre et heurta le suivant en un cri silencieux. Au même moment, un autre se glissa sous la garde du géant et lui enfonça un tesson de bouteille dans le coté, ricanant tel un chacal. Dans un rugissement, le vagabond le saisit par la gorge d'une seule main et le lança sur près de deux mètres...Néanmoins, la douleur pointa de sa blessure et obscurcit un bref instant son champ de vision, et il fut enseveli par les corps poisseux des agresseurs, mitraillé de coup de poings et maintenu par une dizaine de mains solides. Il eut tout juste le temps de voir une dizaine de ces asticots se tendre fébrilement vers Meliane, des sourire obscènes illuminant leurs traits infects.

- NOOOON ! Meliane ! Pas elle ! PAS ÇA ! Vociféra le jeune homme avant de s'effondrer sous le poids de la vermine.


Mar 2 Fév 2010 05:18
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Proverbe Poring : "Hiver rude et tardif rend le pommier productif."
Solen Meliane
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Un mélange inexorables d'émotions contradictoires tourbillonnaient dans l'esprit paniqué de Meliane. Paralysée, terrorisé, furieuse, blessée, elle ne pouvait agir. Elle ne pouvait rien faire. À quoi servait donc de hurler, de donner des coups de pieds, de tenter de repousser les assaults des horribles hommes? Ils finiraient par l'avoir. Et Mathias, son ami qui la protégeait maintenant, allait faillir.

Et il faillit. Il ne pouvait résister à la marée humaine qui déferlaient sur eux. La détermination, l'impatience et l'envie des charbonniers écrasaient tout sur leur passages. Les hommes sont capables de tout lorsqu'ils sont poussés aux dernière extrémité, et ceux-ci n'en faisaient pas exeption. Ils avaient depuis longtemps abandonné leur humanité pour se vautrer dans les plaisirs crasses de l'alcool et du viol.

Mathias repoussa plusieurs hommes d'une force extraordinaires, surhumaine, mais il fut bientôt submergée. Aussi puissant qu'il était, il ne pouvait rivaliser face à un aussi grand nombre. Seul, peut-être, mais il y avait Meliane, tremblante et en pleur, qui ne pouvait rien faire pour l'aider. Ses cris aigus, terrifiés, ne servaient qu'à exciter plus la horde de malotrus.

Puis il fut vaincus, et les coups commencèrent à pleuvoir sur le géant, et fut ensevelis sous la masse des déterminés. Meliane cria de plus belle, sur le bord de l'évanouissement, en voyant (égoîstement) son dernier espoir tomber. Le cri de l'homme la toucha au coeur, mais elle ne pu que lever les yeux vers les méchants qui tardaient sur elle leur yeux et leurs mains crasses.

Elle hurla lorsqu'une main toucha sa cuisse.
Des images de viols la contraignit au silence, trop abasourdis par l'horreur.
Une autre main aggripa sa cape et tira, l'étranglant.
Elle tomba à terre, le corps secoué de sanglots silencieux.
Les rires gras, les mains moites, la saleté.

Puis Ça se brisa.

Ce fut comme si une porte éclatait dans son esprit, et le Pouvoir accumulé à grande-peine se déversa en une explosion même perceptibles du mondes réel, se libérant des contraintes du Verbe et du Vouloir. Ce fut comme un moment suspendu entre le temps et l'espace. Comme des ondes sporiadiques frémissants dans l'air, s'éloignant de manière concentriques de Meliane. Le son même sembla se suspendre un instant et tous se figèrent, alarmés par un instinct qui leur hurlaient à l'oreille de fuir. Mais cela ne dura qu'une fraction de seconde.

Au même moment où Meliane s'écroula sur le sol, inconsciente et vidée, les hommes furent frappés. Heurté par une force invisible, leur entrailles se tordant de douleur sous leur peau, les charbonniers restèrent figés, debouts, tremblants, impossible de comprendre ce qui leur arrivait. Puis, de leur yeux exorbités, leur oreilles bourdonnantes, leurs narines frémissantes et leur bouche tordue se mit à couler du sang. Venu de partout, leurs corps implosaient presque, et, incapable de comprendre ce qui leur arrivait, même la la douleur semblait ne pouvoir se frayer un chemin à travers les nerds du cerveau.

Et puis, un par un, ils s'effondrèrent avec un cri silencieux, se convulsèrent, et bientôt ne bougèrent plus. Eux qui étaient auparavant entouré par une horde d'homme gras et lubriques tronaient maintenant au centre d'une très symétrique mer de cadavre. Et plus rien ne bougea.

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Ven 5 Fév 2010 19:55
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Proverbe Elfe : "Le sujet de conversation préféré d'un nain est toujours sous la ceinture d'un elfe."
Cyprès, Mathias
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Lorsque la décharge d'énergie explosa autour de la jeune fille, un voile rouge obscurcit la vue du géant défait, suivi immédiatement d'une pression titanesque au niveau des tempes. Ses yeux se révulsèrent et il se mit à se tordre d'une horrible façon, se convulsant sur le sol alors que ses assaillants s'effondraient les uns après les autres. La douleur était telle qu'il n'avait même pas remarqué que la pluie de coups avait cessé.
Son esprit était un délire de souffrance coincé dans un étau. La puissance brute de Mana Bleu et Rouge qui déferlait autour de lui ne le visait pas...mais au même titre qu'une coulée de lave qui défilerait à quelques mètres d'un passant, cette cataracte l'atteignait de ses gouttelettes douloureuses....et sa vulnérabilité à l'essence Bleu ne l'aidait en rien.

Puis, aussi vite qu'elle était arrivée, la souffrance disparue dans un souffle. Reprenant contact avec la réalité, Mathias tenta de se redresser sur les coudes, mais glissa dans un liquide chaud et poisseux...Du sang...Le sien et celui des charbonniers se mélangeaient par terre, formant une flaque épaisse dans laquelle il était étendu. Révulsé de dégout, le géant sauta sur ses pieds en une manœuvre qui lui donna le tournis, suivie d'une pique de douleur dans son côté. Il était dans un sale état...et l'odeur du sang lui donnait presque autant envie de vomir que l'idée d'avoir mélangé le sien avec celui de ces abominations.

Mais, pourquoi sont-ils morts? Où est Meliane ?

La question avait surgi comme un taureau, bousculant le calme qui reprenait lentement place après la bataille. Le vagabond ensanglanté scruta le cercle de corps et vit immédiatement Meliane étendue en son centre, visiblement intacte. La disposition des cadavres, leur étrange état...comme s'ils avaient bouilli de l'intérieur, la petite voyageuse étendue en plein milieu, inerte, mais bien vivante. C'était trop étrange, trop gros pour le jeune homme. La seule chose dont il était certain, c'était que Meliane n'était pas étrangère à ce carnage. Aussi troublant que ça puisse paraître, cette gamine avait tué ces trente hommes...et sauvé une seconde fois le géant d'une mort certaine.

S'approchant tranquillement, comme face à un animal potentiellement mortel, le rouquin avança vers Meliane avec le regard de celui qui a longtemps été abusé par les apparences. Ses yeux, l'un vert sombre et l'autre bleu-gris, se posèrent sur le visage neutre de la belle adolescente, analysant cette apparente innocence à la recherche du détail qui lui aurait échappé. Non, il n'y avait rien, rien qu'une vague trace, un peu désagréable, de l'odeur de la peur. Une peur véritable, car un nez ne peut être trahi sur ces choses. Si elle avait cru pouvoir faire ce qu'elle avait fait, elle n'aurait pas été si terrifiée. Non...elle l'ignorait. Ce pouvoir lui était inconnu, ou méconnu.

Rassuré par ses déductions qui confirmaient un peu l'intégrité de sa sauveuse, Mathias se pencha douloureusement et la prit dans ses bras. Elle ne pesait pas bien lourd, même pour quelqu'un dans son état, mais il avait perdu beaucoup de sang et savait qu'il ne pourrait pas voyager avant un moment. Peu enthousiaste à cette idée, mais conscient qu'il n'avait pas le choix, le vagabond se traina dans l'écurie. Rassurant un Rixe dévoré d'inquiétude, il déposa doucement la jeune fille dans une pile de foin et s'empara de sa masse d'arme dans son étui de selle. Ils avaient besoin de lits, de chaleur et de nourriture...surtout lui. Il allait entrer dans l'auberge et s'assurer qu'ils étaient en sureté, puis ils y dormiraient, comme ils l'avaient prévu au départ. Le géant ria tout seul à cette pensée. Face à une telle ironie du sort, cet éclat avait une teinte d'amertume...

Au pas de La Trappe de Bedoir, le voyageur haletait déjà, il était vraiment dans un triste état. Révulsé par les traces de l'odeur des malfrats et l'idée de devoir monter les escaliers pour scruter l'étage, Mathias risqua un appel...


- Il y a quelqu'un?


Des pas précipités se firent entendre à l'étage, suivis d'un long silence. Puis, le bruit sourd d'un homme de forte stature descendant les escaliers. Blême et crispé par la peur, Mathias brandit difficilement sa lourde masse avant de voir surgir l'aubergiste, un gourdin ensanglanté dans la main. Son expression ne laissait rien douter de ce qu'il venait d'accomplir en haut ni de ses sentiments à l'issue de cette tâche : L' indifférence froide de la victime trop souvent laissée sans recours.

À la suite de l'homme taciturne apparurent trois femmes, l'une assez âgée et les autres dans la fleur de la jeunesse. Elles étaient toutes en état de choc et portaient des marques de violence. L'homme toisa le blessé du regard, visiblement hésitant. Mathias tenta de dire quelque chose, mais ne parvint qu'a marmonner quelques mots avant de s'effondrer dans la paille moisie qui jonchait le sol. Alors, ce furent les ténèbres.


Sam 6 Fév 2010 22:23
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A tous nos membres : "A cœur vaillant rien n'est impossible..."
Solen Meliane
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Meliane flottait dans les limbes impénétrables d'un sommeil sans rêve. Il était rare qu,elle ne rêva pas en fait: son imagination était telle que son esprit, même en sommeil, ne pouvait se reposer totalement, occupé à vagabonder à droite et à gauche. S'il lui arrivait de faire des songes graves, parfois même terrifiants, la plupart du temps, c'était des rêves légers, colorés et mouvementés. Elle rêvait souvent de course entre diverses créatures frivoles et volages, de dance entre les astres et les nuages, de discussions sages et enjouées entre les aînée. Parfois, il lui arrivait aussi d'oublier ses rêves, mais de se réveiller avec le sentiment d'étouffer, comme si une énorme pression pesait sur ses épaules et sa poitrine.

Ce fut le cas cette fois-ci. Elle se réveilla progressivement, émergeant de son sommeil avec lenteur et résignation. Enfin, son souffle s'accéléra et elle gromella, se retournant sur le côté pour échaper à la petite voix qui lui soufflait de se réveiller. Mais le mal était fait et, poussant un soupir de mauvaise humeur, elle accepta enfin d'ouvrir les yeux et se de redresser.

Aussitôt, une douleur sourde et persistance lui martela le corps en entier, et elle poussa un petit gémissement de douleur. Elle ferma un instant les yeux en posant une main sur sa temps, avec la futile impression que cela atténuerait la migraine qui lui martelait le crâne. On aurait dit qu'elle s'était fait piétiné par un troupeau de bovins enragé. Ou Rixe tout simplement.

En parlant de Rixe, ou était donc son maître? Meliane parcourut la pièce du regard en étouffant un baillement. Elle était dans une chambre petite et, ma foi, assez miteuse et crasseuse. Le mobilié se limitait au lit décharné et garni de paille sur lequel elle était assise, à la table de chevet branlante et au pot de chambre -souillé-. Meliane repoussa la mince couverture qui la recouvrait, et se mit à s'inquiétait. Que c'était-il donc passé?

En se mettant à la recherche de Mathias, elle tâcha de se remémorer. Elle et son ami avait chevauché toute la journée pour finir dans une petite auberge à laquel ils espéraient trouver un bon lit et un repas chaud. Puis... puis il était entrés... Et il y avait eu ces hommes, horribles?

Elle sursauta en sortant de la chambre, reconnaissant en bas la grande salle qu'elle surplombait. Elle était vide, et présentait les signes qu'avait une pièce quittée à la hâte. En fait, tout était vide et silencieux. Ce silence ce fut soudainement pressant et lourd, et Meliane marcha plus vite, fouillant rapidement chaque pièce qu'elle croisait. Toutes les chambres étaient bordéliques, certaines arborant des signes de souillures ou même de sang...

Pressée par la présence effrayante de ce lieu de trop vide, elle poussa un cri en retrouvant enfin Mathias. Il était profondément endormi, l'air épuisé et couvert de sang, couché en travers d'un lit en piètre étât. Son paquetage était à côté de lui.

Sur le point de pleurer de soulagement, Meliane bondit dans la pièce et se percha presque sur le géant, le secouant des épaules en ignorant sa propre douleur (et celle qu'elle lui occasionnerait sans doute) en parlant à toute vitesse d'une voix suraigüe.

- Mathias Mathias! s'écria-t-elle, tu es vivant! Par tout les Manas, tu es couvert de sang. Tu es blessé? Tu as mal? Qu'est-ce qu'on fait ici, et pourquoi tout est vide. Il n'y a personne, c'est tellement effrayant. Et que s'est-il donc passé de...

Elle figea tout d'un coup alors que la réponse venait à son esprit, et ses grands yeux ambrés, incarnation de l'innocence et de la sincérité, s'emplirent de larmes.

- Tu... tu... tu nous as sauvé!

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Mer 10 Fév 2010 22:32
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Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'un bon coup de couteau se donne du bas vers le haut... (Corto Maltese)
Cyprès, Mathias
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» Re: À « La Trappe de Bedoir » (PV Kelazan/Stacia)
Mathias fut brusquement tiré de son sommeil par une élan de douleur qui irradiait autour de ses épaules. Ouvrant brusquement ses yeux d'un vert très clair, il constata avec soulagement qu'il s'agissait seulement de Meliane qui le secouait, un peu paniquée, mais visiblement en pleine forme au vu de la vigueur qui animait ses petits bras. Le jeune homme était un peu assommé par ce réveil brutal et le sang qui lui manquait toujours, mais les cris presque hystériques de la jeune fille et la douleur qui s'accentuait achevèrent de le tirer de la brume du rêve. Dans un mouvement nonchalant et un brin léthargique, le blessé repoussa la petite du bras, la ramenant en position assise à ses cotés plutôt qu'a demi montée sur lui. C'est alors que la voyageuse stoppa net sa tirade et, fixant l'homme l'alité avec des yeux d'enfant, fondit brusquement en larmes en s'exclamant...


- Tu... tu... tu nous as sauvé!


Le visage de Mathias de figea dans une attitude située entre l'incompréhension et la stupeur. Il lui fallu un instant pour se souvenir que Meliane avait probablement perdu conscience au moment de la déferlante magique et quelques secondes de plus pour comprendre qu'elle n'en avait même pas eu le moindrement connaissance. Se recomposant une expression faciale correcte, soit le sourire mi-figue mi-raisin de celui qui s'en est sortis de justesse, Mathias se redressa finalement sur les coudes et prit Meliane dans ses bras immenses, lui tapotant doucement le dos en guise de réconfort.

- Ça va aller...C'est fini...Ils ne peuvent plus rien te faire...Tout va bien aller.

Puis, saisissant le jeune fille par les épaules, Mathias l'éloigna de lui et la regarda droit dans les yeux, usant de son expression la plus convaincante.

- Regardes moi. Tu n'as plus rien à craindre. N'en parlons plus, ce n'est plus qu'un mauvais rêve désormais...d'accord ?


Au fond...ce n'est pas vraiment mentir, non ? Songea le géant alors qu'il s'adonnait à son meilleur jeu d'acteur. Je n'ai pas vraiment besoin de la contredire...Et puis, c'est surement mieux pour elle de ne pas savoir ce qu'elle a fait, c'est trop gros à prendre d'un seul coup. Oui, c'est la meilleure chose à faire. Comme ça, on reste ensemble et tout continu comme avant.


Jeu 25 Fév 2010 23:35
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